mercredi 29 décembre 2010

Isle of Skye, là où le temps s'arrête


6 octobre, jour 17

Pas besoin de le préciser, mais je me lève avec la tête dans le cul. Je réussis à me la replacer au bon endroit, j'avale une bouchée et je suis prête pour une nouvelle aventure. J'apporte quand même beaucoup d'eau, ça peut être utile...

Nous partons explorer l'ile vers 9h. Nous sommes tous un peu dans le même état: comateux. En plus, il ne fait pas très beau. C'est nuageux, venteux, mais ça change rapidement. Nous faisons un premier arrêt à Glen Brittle, où coule une rivière connue sous le nom de Fairy Pool. La légende veut qu'on puise y trouver la beauté éternelle. Comment? En y plongeant le visage.

Comme il mouille ''à scieaux''et que la position couchée sur le ventre au travers des roches ne peut que faire ressortir ma toast et/ou mon cerveau par mon nez, je m'abstiens. J'aime bien l'idée de vieillir... il le faut bien, c'est notre destin à tous. Et puis, si j'ai une belle face éternellement et que le reste vieillis, je vais ressembler à un cougar dans quelques années. Non merci!

Après cet épisode court mais intense (10 minutes dehors, trempe jusqu'aux bobettes), nous remontons dans le bus pour notre prochaine destination: une chute dans laquelle on peut obtenir a lifetime of good sex lorsqu'on y plonge la tête. Je ne sais pas ce qu'ils ont, ces Écossais, avec leur manie de se tremper les parties du corps dans divers cours d'eau! Il pleut encore et le sentier qui mène à la foutue chute est super bouetteux. Je n'ai pas de bonne raison de ne pas y aller, mais il n'est que 10h et je n'ai vraiment pas envie de passer la journée toute dégueuse. Point final. Mais c'est une belle chute.

Nous allons ensuite nous ravitailler à Portree, une petite ville absolument magnifique. C'est à cet endroit que Hamish nous parle du temps sur l'Isle de Skye. Il semblerait que les chooooses preeeennnent beaaaaauuuuucouuuuup de teeeeeemmmmmmps à se faiiiiiiire là-bas. Autant dire que le temps peut s'arrêter, l'espace d'un instant. Une route est brisée? On va la réparer, quand on aura le temps. Une urgence? Les secours arrivent, un moment donné. J'imagine que les habitants de l'ile s'y sont fait. N'empêche que ça fait du bien de ne pas regarder sa montre, de laisser la vie couler.

Nous faisons plusieurs arrêts, entres autres dans la plus petite toilette d'Écosse, à Kilt Rock et au Fairy Castle, mais le clou de cette journée est sans contredit l'escalade d'une montagne. À pieds, cette fois. Cette montée était un véritable défi, car bien que je m'entraîne depuis quelques années, je ne suis pas en super-forme. Pas comme nos copains australiens qui picolent toute la journée et qui sont encore capable de se tenir debout sans dormir depuis 4 jours.

Blondie et moi avons réussi à grimper au sommet, malgré le vertige, les crottes de moutons et le terrain humide et glissant. Pour monter, ce n'est pas trop pire: il suffit de bien planter les pieds dans le sol et de se hisser le corps. Non, pendant que je montais, je me disais: ''Comment pourais-je redescendre sans glisser''. Je me voyais déjà arriver au bus couverte de merde de mouton... Dois-je vous répéter que nous n'avons pas fait de lavage? Non? On a beau être à la fin du voyage, il reste quand même quelques jours, pendant lesquels nous vivons dans un bus/dortoir/espace commun avec plusieurs personnes, avec qui j'ai bien du plaisir à jaser. Essayer de placoter avec quelqu'un qui sent l'excrément pendant quelques jours dans un habitacle fermé, vous m'en donnerez des nouvelles.

Au sommet, j'ai vécu une autre épiphanie. C'était, comment varier les mots... spectaculaire. Le soleil a choisi ce moment pour sortir. Absolument génial. En plus j'étais fière de ma performance. Je suis en meilleure forme que je ne le pensais. Et puis, nous étions seuls au sommet du monde (bon ok, ce n'est pas l'Everest, mais quand même), on ne peut pas se sentir plus en vie!

Pour ceux qui se le demande, j'ai réussi à redescendre sur mes deux jambes et jamais mon derrière n'a été utilisé. Yé. Nous sommes retournés à l'auberge de la veille. Je n'ai jamais pris une douche aussi bienvenue, je vous le jure! Nous sommes retournées souper au Saucy Mary, et bien que j'avais l'intention de rentrer tôt, nous avons encore fait la fête. Ben oui, il le faut bien. C'est ça les vacances, on se reposera à notre retour!

mardi 28 décembre 2010

En route vers l'Isle de Skye


Jour 16, 5 octobre

Je quitte Inverness avec le sentiment que je n'ai pas vu grand chose de cette ville. Peut-être que la grippe y est pour quelque chose. Fort probable. Blondie et moi sommes quand même plus en forme, prêtes à vivre une nouvelle aventure!

Premier arrêt: Tesco. Raison: ravitaillement des troupes! Lorsque nous avons tout (sandwich pour les vieilles, bières pour les jeunes), nous partons pour faire une wee walk en montagne, puis passer sur un pont suspendu. C'est absolument magnifique, mais je ne peut m'empêcher de penser que la forêt écossaise ressemble beaucoup à la forêt québécoise... Lorsque nous repartons, les montagnes me rappellent que nous sommes bel et bien dans une contrée lointaine, sauvage et impressionnante. Comme notre guide...

Nous prenons une pause lunch sur le bord du Loch Maree. On peut acheter des cartes postales pour 50 pences, mais les photos que nous avons prises à cet endroit les valent bien, même plus, puisque nous avons vécu une épiphanie. La photo en entête a d'ailleurs été prise là.

Après avoir sillonné les routes entre les montagnes, il est temps d'en monter une! Hamish, notre guide, ne connaît pas la peur, mais sait comment conduire un bus, de manière trash. Il nous amène sur une route ''spéciale'', au début de laquelle il y a un panneau où il est écrit: Road not suitable for bus or large vehicule. Qu'à cela ne tienne, nous prenons cette route qui semble mener dans les nuages. Au fil de la montée, l'excitation monte de plus en plus parmi notre groupe. La route que nous avons prise a une voie et serpente vers le sommet. Plus nous montons, plus les lacets se resserrent, plus les freins sentent le brûlé. Yé. Si nous devons mourir, au moins nous aurons vu l'Écosse au complet, je pense que je peux même, en plissant les yeux, voir Londres en regardant vers le sud.

Nous arrivons finalement au sommet de la montagne et sortons pour admirer le paysage. Il vente à écorner les boeuf, mais la sensation que je ressens est absolument grisante! On en profite pour aérer nos vêtements, qui commencent sérieusement à sentir le petit canard à la patte cassée.

Nous devons redescendre, car on ne peut pas vivre d'amour et de vent frais (ça caille vraiment!) et nous nous rendons à un château, Eilean Donan Castle, où ont été tournés divers films d'èpoque. Le château est situé sur une île minuscule. Nous sommes pressés, alors nous courons sur le pont de pierre qui mène au bâtiment. Honnêtement, la visite est un peu ennuyante... Nous ne pouvons pas visiter partout, car certaines parties du château sont encore habitées. La partie excitante de la visite est la suivante: nous avons vu un double rainbow, ce qui a redonné des couleurs à notre groupe, qui commençait à manquer de jus...

Nous terminons notre journée en traversant le pont qui nos mène sur l'Isle de Skye, dans la localité de Kyleakin. Nous posons nos sacs dans l'auberge nommée Skye Backpackers. C'est un endroit adorable, dans laquelle nous occupons le même dortoir que Kerren et Nalita.

Cette fois-ci, nous n'avons pas squatté notre dortoir... Oh que non! Après un souper au Saucy Mary, nous avons échoué au bar, dansé, bu, ri, chanté, bu, ri, placoté (même Blondie, qui ne parle pas beaucoup anglais), bu du Whisky, bu, bu, bu.

Juste de le raconter, j'ai la bouche sèche. et un léger mal de tête. Mais ça en valait la peine! Du gros fun noir!

mercredi 17 novembre 2010

Highlands, here I come!


Jour 15, 4 octobre 2010

Enfin, je pars ce matin pour les Highlands! Après avoir été étonnée par Glasgow, éblouie par Edinburgh, serais-je flabergastée par les Highlands? C'est ce que nous verrons au cours des prochains jours. Avant de commencer le récit des aventures de Blondie et du Caribou, j'aimerais vous parler de la compagnie avec laquelle nous partons. Il s'agit de MacBackpackers Tours of Scotland. Pour la modique somme de 125 livres, nous avons droit à cinq jours de voyage à travers l'Écosse, avec un guide qui nous conduit sur les routes de son pays, tout en nous racontant son histoire. Vous êtes sceptiques à l'idée de prendre un tour guidé? Il ne s'agit pas ici d'un tour de bus guidé destiné aux personnes du troisième âge (ne le prenez pas mal, amis plus âgés, mais c'est la vérité). Parcourir une distance de 3 heures peut prendre, avec MacBackbackers, 11 heures, car nous arrêtons partout, visitons des endroits inédits et pas toujours facilement accessible. Voilà.

Nous attendons à l'extérieur du Castle Rock Hostel, il est 10 heures, et nous trépignons d'impatience. Nous faisons connaissance avec les personnes avec qui nous passerons les 5 prochains jours: Ben et Sam, deux Australiens et frères, qui passent leur temps à s'asticoter. L'Australie est aussi représentée par Kerren, qui partageait notre dortoir la veille, et Raymond, un étrange mec aux lunettes et chapeau noirs, jeans mauves, et immense Cannon pendu au cou. Nous avons aussi 3 nouveaux amis néo-zélandais: Rebecca et Rosie, qui voyagent en travaillent ici et là en Europe depuis un petit bout, et Murray, le doyen, qui a fait un crochet en Écosse avant d'aller conduire un yacht de luxe en Floride. Évidemment, il y a des américains: Joe, connu sous le nom de GI Joe, qui arrive d'Irak, Tate, de la Californie et John, de New York/Corée (!?). Il y a aussi Nalita, de l'Afrique du Sud, qui travaille en Écosse, Lapo, de Rome, qui ne parle pas beaucoup anglais mais qui, lui aussi, a un big appareil photo. Finalement, il y a un couple de chinois, dont je ne rappelle pas le nom, car je ne leur ai malheureusement pas beaucoup parlé. Et puis, il y a nous, les fake canadian. Parce que l'anglais n'est pas notre langue maternelle. Haha. On a pas le temps pour une leçon d'histoire québécoise, et il y a beaucoup d'autres choses à découvrir ici!

Nous attentions que notre guide arrive, en nous demandant avec quelle personne nous aurions l'honneur de passer la semaine. Et voici le bus qui arrive. Et qui en sort? Notre guide, Hamish, portant un coton ouaté et un kilt à motif d'armée, des bas de laine et des grosses bottes. Yé!! On part!

Nous prenons la route M90 puis l'A9 en direction de notre premier arrêt, Dunkeld. Nous faisons le plein de sandwich et de café et nous marchons dans ce joli petit village. Ça sent bon la nature, mais le temps commence à être frisquet! Nous reprenons la route, tandis que Hamish nous raconte des histoire sur l'Écosse et ses habitants. Nous faisons un autre arrêt en chemin afin de faire une wee walk in the woods, là où des troupes anglaises ont affrontées des Écossais hirsutes et en beau sacrament! Je pourrais vous raconter toutes ces histoires, mais je vous encourage fortement à vivre ce type d'aventure par vous-même. Hamish est assez verbomoteur et j'ai préféré écouter ses histoires que prendre des notes... Laissez-moi quand même tenter de décrire la beauté de paysage.

Quand j'ai vu les Highlands, j'ai eu un choc. Tant de montagnes, oranges et dénuées d'arbres. hautes, mais arrondies, crevassées, mais qui semblaient d'une douceur... Nous roulons entre deux d'entres elles, la vue est splendide, nous n'avons pas assez de nos deux yeux pour tout voir! J'ai manqué l'automne québécois et ses couleurs, mais je peux vous affirmer que l'automne en Écosse, c'est magistral! Hamish stationne le bus souvent, nous sortons pour prendre des photos, prendre une puff, placoter. C'est relax et on aime ça de même!

Nous continuons notre route. Plus on roule vers le nord, plus c'est beau et grand. On visite le Highland Folk Museum, où nous avons l'occasion de nous familiariser avec le way-of-life traditionnel écossais. Ensuite, arrêt au Balnuaran of Clava, endroit mystérieux datant de l'ère de bronze regroupant trois chambres funéraires.

Nous terminons cette journée par une ''attraction'' très populaire: le Loch Ness (photo). Nous faisons une pause sur le bord du lac, les rayons du soleil qui commence à descendre brillant à sa surface. Pas le temps de s'extasier ni d'écrire des poèmes sur la beauté des lieux, nos comparses vont se baigner! L'eau est à 4 degrés, it's a no-no for me, mais je les envie d'être si jeunes et fougeux... Anyway, je n'ai pas de maillot de bain, alors même si j'avais voulu... Belle défaite!

Nous nous installons dans nos hôtel d'Inverness, un très joli endroit bien sympathique appelé The Inverness Student Hostel, où nous rencontrons Annie, une infirmière québécoise pratiquant en Suisse, qui profite de tous ses congés pour voyager à travers l'Europe. Blondie est contente de s'exprimer dans sa langue maternelle avec une autre personne que moi. On ne se chicane pas, mais disons que je peux comprendre que de communiquer avec quelqu'un de façon fluide est vraiment agréable!

C'est avec tout plein de belles images que je me couche ce soir là. Tant de paysages, d'histoires, de personnes... Cette aventure est extraordinaire et, sans vouloir gâcher le moment, je me dis que le temps passe vite et que le temps de le dire, je serai de retour. Je chasse cette idée rapidement. Profitons du moment!

jeudi 4 novembre 2010

Journée parfaite à Edinburgh



Jour 14 - 3 octobre

Comme le déjeuner offert au Castel Rock hostel coûte 1,50 pounds et qu'il n'y a rien de bien intéressant sur le menu (petits pains, céréales, lait et jus, mais au moins il y a du Nutella), nous avons décidé de nous payer la traite: full Scottish breakfast! Le déjeuner est mon repas préféré, parce que c'est le seul moment de la journée où je mange quand j'ai vraiment faim. Dieu que la bouffe est bonne quand on a faim! Et les déjeuners full protéinés du Royaume uni sont absolument délectables, sauf pour les végétariens, qui se ramassent avec des haricots à la tomate. Mais je ne suis pas végétarienne alors voici ce que j'ai commandé: oeufs, bacon, saucisse, black pudding, haricots à la tomate, toasts, et le dernier élément, mais non le moindre, un beau morceau de haggis. Ce qui est pratique avec un déjeuner de la sorte, c'est qu'on n'a pas besoin de remanger, même pour souper... Blondie, peu attirée par mon choix, a opté pour deux oeufs tournés bacon. Le tout accompagné de café, qui était très buvable, contrairement à bien des endroit où cette boisson était franchement dégueulasse. Je ne chialerai point sur ce fait, car si je voulais boire du bon café en tout temps, je n'avais qu'à aller me faire voir en Italie...

Après ce copieux repas, nous nous sommes rendues au meeting point du tour de ville à pied qui partait à 11h. Allan, notre guide était super! Pendant trois heures, il nous a promenés d'un bout à l'autre de la vieille ville en nous racontant des histoires sanguinolentes, scabrantes, étonnantes sur la ville d'Edinburgh. Nous avons pu nous abreuver à ses paroles à propos des formations rocheuses qui ont créé le site où la ville a été établie. Il nous a raconté l'histoire du Heart of Midlothian, seul endroit de la ville où l'on peut cracher. C'est à cet endroit qu'existant une toolbooth où les gens étaient ''invités'' à payer leurs taxes, qui étaient envoyées à Londres. Les gens avaient pris l'habitude de cracher sur la porte de ce bâtiment pour marquer leur haine de cette pratique. La tour n'existe plus aujourd'hui, mais le coeur qui est imbriqué dans le pavé demeure, et Blondie a bruyamment craché dessus, en signe de solidarité. À ce moment, elle est apparu dans toute sa splendeur!

Tout près de là se trouve une statue de Charles 1e, sur un cheval. À l'époque, c'est-à-dire dans les environs du 16e siècle (je suis désolée de mon imprécision), Edinburgh était en pleine expansion et il était de bon ton de trouver des liens avec la Grèce antique pour se donner une fière allure et un bon nom. Donc, Charles, qui n'était pas très grand, a décidé de se faire représenter vêtu en un Romain célèbre, Jules César. À cause de sa petitesse, il a cru que ce serait une bonne idée de ''s'édifier'' assis sur un cheval et de donner cette oeuvre aux habitants de la ville, en cadeau. Le cheval a été sculpté beaucoup plus petit que lui, ce qui a fait que les habitant, au lieu de le vénérer, se demandaient pourquoi le roi Charles avait un âne pour monture. De plus, comme il avait une couronne, la pluie, fréquente en ces contrées, a fait en sorte que la couronne se remplissait d'eau et que, comme la statue était faite d'un métal malléable, ladite couronne s'enfonçait sur sa tête. Les gens étaient encore plus pensifs. Pourquoi le roi avait-il décidé de leur donner une statut de lui-même, monté sur un âne, avec une couronne qui lui écrasait la tête? Pis encore, les ''ingénieurs'' avaient décidé de régler le problème de l'eau qui s'accumule sur la tête du roi en pratiquant un canal qui draînerait l'eau de la tête... jusqu'au derrière du cheval. Finalement, le roi Charles 1e a donné en cadeau à son peuple une statue le représentant monté sur un âne qui pisse continuellement, avec une tête écrasée.

Après d'autres histoires, nous sommes arrivés au Grassmarket, ancien lieu où le marché des animaux avait lieu. C'est aussi là qu'à eu lieu de nombreuses pendaisons, dont une centaine d'hommes, considérés comme des Jacobites (pour faire une longue histoire courte, mais passionnante, des partisans du Roi James, qui désiraient que les Stuarts reprennent le pouvoir en Écosse). On dit que les 100 hommes ont été pendus là en une journée, c'est à dire un à toutes les sept minutes. C'est aussi au Grassmarket que notre guide nous a raconté l'histoire de Burke et Hare, deux Irlandais qui sont devenus célèbres à cause de leur ''métier'' de déterreurs de corps. Il semblerait qu'un film sur le sujet sortirait bientôt. J'irai très certainement le voir! Désolée, c'est en anglais...

Nous sommes ensuite allés visiter le cimetière de l'Église de Greyfriars, où se trouve l'imposant Black Mausoleum, qui serait soi-disant hanté par son principal ''habitant'' Georges MacKenzie, le Lod advocate qui a fait pendre la majorité des Jacobites, mais qui les a aussi persécuté et torturés. Cet endroit est dans les plus hantés d'Edinburgh. Sur une note plus joyeuse, ce cimetière a un autre habitant presqu'aussi célèbre: Bobby. Bobby était le chien du jardinier de l'endroit, qui deux ans après avoir l'animal avec lui, est décédé de la tuberculose. Rien de vraiment notable, si ce n'est que Bobby est venu s'assoir sur la tombe de son maître à tous les jours... durant les 14 années suivantes, en fait jusqu'à sa mort. Bobby n'est pas enterré dans le cimetière, car il n'était obviously pas chrétien, mais une statue de l'animal est érigée tout près de l'entrée. D'une certaine manière, il veille toujours sur son maître. Fait à souligner, les gens déposent encore aujourd'hui de la nourriture pour chien, des jouets et des bâtons là où une plaque est apposée en son honneur.

Nous continuons la visite avec l'histoire rocambolesque de Deacon Brodie. Au 18e siècle, William Brodie était un important notable d'Edinburgh. Son métier était de construire et de réparer des meubles, mais il était surtout un dirigeant influent de la ville. Il était marié, mais il avait un net penchant pour les femmes. Il entretenait donc deux maîtresses. Avec le temps, cette triple vie a commencé à être coûteuse et il a commencé à voler les gens pour lesquels il travaillaient, puisqu'il possédait les clefs de leurs demeures. Les affaires marchaient très bien, mais au fil du temps, les personnes qui voyaient leur biens et économies disparaître de manière mystérieuses ont commencé à se poser des questions et ont émis l'hypothèse que le voleur était un fantôme, puisqu'aucune trace de délit n'était jamais retrouvé. Un comité a donc été formé, dans l'espoir de pincer le voleur. Deacon Brodie était le chef de ce comité et le dirigeait toujours vers de mauvaises pistes. Comme il n'était pas totalement dupe, il était conscient que ce manège devait cesser. Il a décidé de faire un dernier grand coup: voler les taxes destinées à Londres. Avec son groupe d'acolytes, il s'est rendu au Cannongate et tout se déroulait bien jusqu'à ce qu'un de ses hommes ''s'enfarge'' et fasse tomber son butin, qui a bruyamment tombé par terre, alertant les forces de l'ordre. Il a bien sûr été capturé et a rapidement vendu ses comparses, tous, sauf Deacon Brodie. Il se disait que l'influent homme le sortirait de ce pétrin. Malheureusement, c'était compter sur la fidélité de M. Brodie, qui s'était déjà enfui à Amsterdam. Il s'y est terré pendant un certain temps, mais comme il se sentait seul, il a commencé à entretenir une correspondance avec une de ses maîtresses, qu'il tentait de convaincre de venir le rejoindre. Malheureusement, comme il avait indiqué une adresse de retour sur la missive, la police d'Edinburgh s'est mis à ses trousses. Il a été capturé moins de deux minutes avant d'embarquer sur un bateau en partance pour l'Amérique. Il a été ramené en Écosse et pendu sur la place publique, à l'aide d'une potence qu'il avait lui-même conçu et construite.

Comme quoi il y a parfois une justice en ce bas monde.

Nous avons terminé la visite avec l'histoire fascinante de la Stone of Destiny. À ce sujet, je vous invite à voir le film suivant, qui relate toute l'histoire: Absolument délectable. Mais de l'entendre de la bouche d'un fier Écossais, ça vaut vraiment, mais vraiment le détour.

J'ai passé sous silence de nombreuses autres histoires, car je ne peux pas toutes les écrire. Edinburgh est une ville fantastique. Vous l'ais-je déjà dit?

Nous avons terminé la journée en mangeant dans un petit resto italien, bien sages. Demain, nous partons à la découverte des Highlands. Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, mais j'ai hâte de rencontrer nos futurs copains de voyage ainsi que notre guide.

dimanche 31 octobre 2010

Edinburgh, bouffe et histoires de fantômes!


Jour 13 - 2 octobre

Après notre décevante expérience de l'Écosse à Glasgow, je ne savais pas tellement à quoi m'attendre. Il reste quand même une bonne semaine à mon voyage. Je me parle et je me dis que c'est moi qui fera en sorte que le périple sera cool ou non. Je décide que ce sera cool.

Nous quittons donc notre hostel vers 11h, Blondie et moi, pour aller à la Queen Station pour prendre le train pour Edinburgh. La marche n'est pas très longue, mais je sens que mon amie commence à en avoir ras-le-bol de son sac à dos. Elle le jetterais dans les vidanges et achèterait une valise à roulette. Bon. Il n'y en pas de facile, mais on a pas trop le choix. C'est les joies du voyage! Il y a des activités trippantes, trépidantes, excitantes, mais aussi des moments durant lesquels on aimerait être ailleurs, comme dans son lit, son bain, sa cour.

Lorsque nous avons été assises dans le train, libérées du poids de notre sac, nous avons pu relaxer. Tellement que Blondie n'a pas pu profiter de son premier voyage de train. Elle s'est assoupi aussitôt que le véhicule s'est mis en marche! Remarquez qu'elle n'a pas manqué grand chose, car le paysage n'était pas des plus jolis. Pas laid, mais nous ne sommes pas encore dans les Highlands...

Je dois dire tout de suite que la ville d'Edinburgh est absolument extraordinaire! C'est beau! Nous nous installons au Castle Rock hostel. C'est un endroit extrêmement cool, à deux pas du château. Oui, oui, un vrai château! Nous décidons d'aller manger un morceau avant d'explorer The Royal Mile, l'artère principale du quartier touristique, longue d'un mile, qui relie le château d'Edinburgh au palais d'Holyrood. Nous atterrissons donc dans un minuscule restaurant, le Crag and Tail, où nous avons dégusté une soupe traditionnelle écossaisses, appelée Cullen Skink, composée de haddock, de patates, d'oignons et de crème. Pour dessert, nous avons opté pour le Cranachan, une coupe étagée composée de crème fouettée, d'avoine qui a trempé dans le Whisky, de framboises, le tout couronné de miel. Dé-lec-table!

Afin de faire descendre le tout, nous avons marché et admiré la ville. Au risque de me répéter, c'est beau, c'est plein de monde, de vie, de collines, de ruelles, de vieilles églises, de statues...

Nous apprenons à l'auberge que des tours guidés à pied existent, dont le New Edinburgh Ghost Tour, que nous avons décidé de faire le soir même. Blondie voulait voir des fantômes, on en verra!

En attendant de faire le tour, nous continuons de nous ballader, à la recherche d'un kilt pour mon amie. Pas besoin de vous dire qu'il y en a partout! Même les petits vendeurs dans les magasins de touristes en portent. Avec les bas golf, oui, oui! Et le petit chapeau à pompom. Ça me rappelle mes années de travail dans le Vieux-Québec. J'aurais été très très malheureuse de devoir travailler habillée en ''nouvelle-France'' à longueur de journée...

21h, nous sommes en face du Starbucks, attendant patiemment le signal du départ. Nous avons nos mini lampes de poche en main, nous sommes prêtes à partir. Si on a eu du très beau temps depuis le début du voyage, je tiens à préciser que ça commence à être cru le soir! Il ne pleut pas, mais on gèle, jusqu'au moment du départ. Yé, on va se faire raconter des histoires épeurantes!

Notre guide, Michael, nous amène visiter des endroits hantés, tels que le Old Calton cemetery, où on a soi-disant vu des fées écossaises (on est loin de Tinkerbell, ces fées prennent la forme de vieil homme portant un bonnet rouge qui vous dévore vivant si vous avez le malheur de croiser leur route), des sorcières et sorciers, des deterreurs de corps (apparemment un métier fréquent dans cette ville il y a 200 ans...) et autres... Si vous allez à Edinburgh un jour (je vous le conseille vivement d'ailleurs, si vous ne l'aviez pas lu entre les lignes), prenez ce tour. De même que le Free tour, qui part quotidiennement. Oui, oui, c'est gratuit. Le pourboire n'est toutefois pas inclus, mais c'est une expérience à vivre. Je vous en parlerai plus amplement dans ma prochaine chronique.

Le Ghost tour, qui coûtait 10 livres, comprenait une pinte de bière dans un bar. Après avoir marché dans le monde des fées et dans des cimetières, nous avions besoin de boire quelque chose. Nous sommes donc sorties, mais nous avons été un peu déçues. Peut-être que nous nous attendions à vivre des expériences telles que vécues en Irlande, mais c'était plus tranquille ici. Peut-être parce que nous étions dans le quartier ultra-touristique, peut-être que nous n'étions pas dans le mood... Peut-être que j'avais bu déjà plus de bière en 12 jours que ce que je consomme normalement en 3 mois...

Je n'ai pas fait de cauchemars cette nuit là. Trop fatiguée, mais aussi trop excitée par la suite des événements.

vendredi 22 octobre 2010

Glasgow... Glesca? I'm sorry, I don't understand...


Jour 12 - 1e octobre 2010

5h15: Nous quittons Belfast avec un petit pincement au coeur... Nous partons pour l'Écosse et je ne sais pas si nous allons tripper autant! Le vol avec Easy Jet s'est bien déroulé. Que peut-il arriver durant 35 minutes? Nous atterrissons cependant dans la grosse pluie sale. Je ne peux pas me plaindre, puisque durant nos 10 premiers jours de voyage, nous n'avons presque pas reçu de flotte. Nous affrontons donc ce temps de schnoute en nous disant que le soleil se montrera certainement le bout du nez bientôt.

La navette nous dépose presqu'à la poste de l'Euro hostel, qui sera notre maison pour une grosse journée et une nuit. Nous avons une chambre privée, avec un lit double. Je ne me souviens pas d'avoir réservé ce type de chambre, mais nous sommes seulement heureuses d'avoir une salle de bain à nous seules. Je vais pouvoir me laver les cheveux, opération presque périlleuse parce que j'ai une chevelure digne de Sideshow Bob.

Nous partons visiter la ville et, comme nous l'avions espéré, il fait soleil! Nous sommes complètement écoeurées des maudites barres d'énergie; nous allons donc manger une bouchée. L'occasion est idéale pour goûter un plat de haggis: j'ai super faim, ça devrait bien passer. Ça a effectivement bien passé, mais ce n'est pas super... Disons que c'est pas mal épicé et que c'est accompagné de patates et de navet pilé. Ce qui m'a toutefois fait capoter, c'est que je comprenais pas la serveuse! Je savais que les gens de Glasgow avaient un accent différent, mais à ce point là? Je me dis que le reste de notre voyage sera peut-être un peu pénible....

Nous nous remontons le moral en faisant le tour des pubs listés dans notre Lonely Planet. Premier arrêt, le Drum and Monkey. Bonne bière, mais pour l'ambiance, on repassera. Il est vrai qu'il est seulement 4 heures de l'après-midi. On boit notre buck et on change de place, destination le Horseshoe bar, réputé pour avoir le plus long bar du UK. Là, c'était full! Et on a bu de la Guinness.

Après deux bières dans ce bar, nous avons poursuivi notre chemin en quête d'un resto ou pub où l'on peut manger une petite bouchée... parce qu'à ce rythme là, on va rentrer se coucher très tôt! Nous avons cherché, vainement, un vrai pub traditionnel, sans en trouver un qui nous fasse tripper vraiment. Soit ils étaient pleins, soit ils ne servaient plus de nourriture, parce qu'il commençait à se faire tard. Nous avons donc opté pour un resto méditerranéen, où j'ai dégusté une excellente lasagne, pas traditionnelle du tout, mais très ''remplissante''. Nous avons terminé la soirée au bar de l'auberge, qui s'est avéré être le pire bar de toute la galaxie entière, rempli de de douchebags et de morons de premier ordre. C'est d'ailleurs là que j'ai vu mon premier vrai douchebag portant l'uniforme interplanétaire des douchebags: un t-shirt Ed Hardy. Juste pour ça, le détour en valait la peine!

Après cette expérience, nous sommes rentrées très sagement à notre chambre et nous avons dormi en nous promettant de nous lever tôt le lendemain, question d'explorer la ville en samedi matin, lorsque les gens ne sont pas encore dans les rues.

À première vue, la ville ne nous a pas semblé charmante. C'est une ville industrielle, je le concède, mais disons que les gros immeubles victoriens remplis de guedis et de sculptures, ce n'est pas ce que j'appelle joli. C'est étouffant. Nous allons lui donner une dernière chance, car vers 12h, nous prenons le train pour Edinburgh. Nous ne savons pas à quoi nous attendre...

jeudi 21 octobre 2010

Titanic et autres sujets délicats


Jour 11 - 30 septembre

Je pars à la découverte de Belfast ce matin. Le plan: marcher jusqu'à la rivière Lagan, visiter l'Hôtel de ville et prendre un tour de Taxi noir.

Avant toute chose, Blondie et moi avons besoin de nous alimenter. Et par ''alimenter'' je veux dire ingérer des protéines. Un autre full Irish breakfast s'impose donc.

Nous partons donc à la recherche d'un resto qui offre ce type de mets. Nous marchons, encore et encore... sans trouver. Il y a bien des petits stands qui offrent des breakfast roll, mais nous voulons nous asseoir, nous faire servir et manger avec des ustensiles dans une assiette. Après presque une heure de marche, nous n'en pouvons plus. Nous arrêtons donc dans une chaîne de cafés pour acheter un panini-déjeuner. C'est mieux que rien. C'est une sandwich au bacon et aux saucisses avec de la mayo. Épouvantable, pensez-vous? Délicieux, vous répond-je.

Après notre déjeuner et un café bien mérité, nous amrcheons vers la rivière. En chemin, nous voyons un clock tower érigé en l'honneur du Pince Albert et juste à côté, une toilette payante auto-nettoyante. Le café est pratique pour se réveiller, mais il provoque inévitablement des envies subites, du moins dans mon cas. J'ai donc intéré 20 pences dans la machine et j'ai essayé la toilette... Tout parle là-dedans! Et tout fonctionnement avec des ''yeux''magiques. Si on veut du papier, on place la main dans l'espace réservé à cet effet et le papier se déroule. Même chose pour le savon, l'eau et le papier à main. En tout cas, belle expérience...

En nous approchant du Big fish, nous voyons une annonce qui attire notre attention: The World's only Titanic boat tour. Pour 10£, nous pouvons voguer sur la rivière en écoutant l'histoire du Titanic? Excellente idée. Nous prenons place dans le bateau et commençons le tour. Le guide nous apprend tout ce qu'il y a à avoir à propos du Titanic, de sa conception, sa construction à son lancement. Le reste de l'histoire, vous le connaissez. Je ne savais pas que les Irlandais avaient, jusqu'à tout récemment, ressenti une énorme honte par rapport au naufrage. En fait, il semble que le sujet ait été tabou jusqu'à tout récemment. Peut-être que le fameux film a fait en sorte de démystifier le tout, mais aujourd'hui, les gens ont envie de faire connaître l'histoire de la création du célèbre bateau, car après tout, it seems the she was alright when she left here. Il semblerait que ce sont les constructeurs et concepteurs ont été blâmés pour le naufrage et qu'aucune responsabilité n'ait été attribuée au capitaine, qui était écossais. Ceci dit, j'ai senti beaucoup de fierté dans la voix de notre guide, mais d'une manière libératrice, ce qui est logique puisque personne ne pouvait en parler...

Après cette visite, nous nous sommes dirigées vers l'Hôtel de ville, en faisant un crochet par la cathédrale Ste-Anne et le War Museum. Belle journée, il fait encore super beau, nous marchons, nous sommes heureuses. L'Hôtel de ville de Belfast est magnifique, les vitraux qui ornent les fenêtres racontent l'histoire de la ville... le Titanic, la famine, les grèves.

Nous terminons cette journée de découvertes par l'activité que j'attendais avec impatience: le Black cab tour. Pourquoi? Parce que j'avais hâte d'en apprendre davantage sur le conflit qui a déchiré Belfast, qui la déchire encore, même si les bombes n'explosent plus.

Notre guide, Norman, nous amène dans les quartiers protestants et catholique afin que nous puissions voir les murales qui ornent les murs et le peace wall. Un mur qui sépare deux quartiers distincts, en 2010? Oui, et c'est une chose que j'ignorais. Lui-même catholique, il nous raconte toute l'histoire. Je ne peux m'empêcher de me demander si des guides protestants offrent une vision complètement différente de la chose... Norman nous montre des murales peintes à la mémoire des personnes assassinées durant le conflit, en grande partie des catholiques qui ont été assassinés dans leur lit, qui ont péri à la suite de blessures diverses. Il en connaissait personnellement plusieurs d'entre eux. Je suis surprise d'apprendre qu'avant la révolte de 1969, il était impossible pour les hommes catholiques de trouver du travail à Belfast, ni même de voter. Afin d'assurer un revenu familial, leurs femmes travaillaient dans des usines où les conditions étaient très difficiles. On peut comprendre qu'ils se soient révoltés... Comme nous l'a dit notre guide, la situation devait exploser un jour ou l'autre. Pour faire valoir leurs droits, des hommes sont morts après avoir fait la grève de la faim. Ils ne sont pas mort de faim, non, mais ont été étouffés parce que leurs gardiens de prison les gavaient de force.

J'énumère ici des faits, ceux qui me reviennent en mémoire, de manière aléatoire, car je ne m'y connais pas assez en la matière. Ce qui me vient en tête cependant, c'est que la religion, lorsque mêlée à la politique, ne peut que créer des conflits.

Après cette visite riche en émotions, nous sommes allées souper et avons refait nos sacs, parce que demain, à la première heure, nous prenons un vol pour Glasgow. Notre périple irlandais se termine donc ainsi. Je me demande sincèrement ce que l'Écosse peut m'apporter de plus... Au départ, lorsque nous avons commencé à planifier ce voyage, l'Irlande m'attirait beaucoup, tandis que Blondie penchait pour l'Écosse. Nous voulions faire le tour de l'Irlande, visiter Cork, Limerick, Dingle... Nous avons dû ajuster nos désirs avec la réalité qui s'est imposée à nous dès le début: nous sommes à pied, nous voulons passer du bon temps et surtout, ne pas être toujours à la course. Surtout ça. Nous avons donc pris la décision de nous restreindre à Dublin, Galway et Belfast.

Il va falloir que je revienne en Irlande. Je n'ai pas de regrets, mais j'ai le sentiment qu'il y a encore plusieurs trésors à découvrir sur cette île.

Pour le moment, regardons en avant. Let's go to Scotland!!

mercredi 20 octobre 2010

Magnifique Irlande du Nord


Jour 10 - 29 septembre 2010

Le ciel est couvert ce matin. Vais-je avoir droit à une vraie météo irlandaise aujourd'hui? Pas que je tienne vraiment à ce que la pluie alterne constamment avec le soleil, mais je m'y attends un jour ou l'autre.

Nous attendons à l'entrée de l'auberge de jeunesse. Le chauffeur de bus nous ramassera à cet endroit pour nous amener le long de la côte nord-est de l'Irlande du Nord. La dernière étape de notre périple sera le Giant Causeway, mais avant, nous avons quelques arrêts à effectuer.

Lorsque toutes les personnes sont embarquées, nous partons, direction Carrickfergus. En chemin, notre chauffeur-guide nous parle de la ville de Belfast, des divers bâtiments que nous croisons, de leur histoire. C'est extrêmement intéressant, d'autant plus qu'il a grandi ici et que le soleil se montre le bout du nez.

Nous faisons une petite pause-photo au château de Carrickfergus. Il est encore tôt pour s'extasier et disons que le vent rafraîchit nos ardeurs. Retour dans le bus à la chaleur...

Nous continuons notre balade dans le comté d'Antrim. Plus nous avançons, plus le paysage devient vert et contrasté. D'un côté de la route, des montagnes escarpées. De l'autres, la mer. Le ciel est bleu, taché ça et là par de nuages blancs et joufflus. Je ne suis vraiment pas une experte en photo, mais faire de la capture d'image à travers une vitre de bus en mouvement ne donne pas de super bons résultats. Tout de même, nous tentons d'emmagasiner un maximum d'images, mais il fallait être là pour faire le constat suivant: c'est époustouflant (it's amazing, comme dirait l'autre!).

Nous arrivons à Carrick-a-Rede. C'est àa cet endroit que se trouve le fameux pont de corde suspendu sur lequel nous espérons ne pas vivre nos derniers instants. Après une courte marche, nous y arrivons. Ais-je mentionné que la vue était magnifique? Je crois que je vais me répéter un peu, mais je n'en reviens toujours pas au moment d'écrire ces lignes. Nous avons pris notre courage et avons traversé le pont. Même Blondie, qui aime bien sauter sur les ponts suspendus (pour me tester, j'imagine) a traversé le pont, mais les fesses serrées. L'expression ''la vie ne tient qu'à un fil'' est, à ce moment, très appropriée.

Après cette marche au grand air, notre groupe fait une pause-lunch, Nous mangeons nos barres d'énergie, assise sur un banc dans un village tout près, en regardant la mer et les moutons courir dans le champ. Priceless!

Nous continuons notre route jusqu'à Bushmills. Nous n'avons pas le temps de visiter a distillerie, mais nous disposons d'une quinzaine de minutes pour acheter des souvenirs à la boutique. L'odeur qui sort de l'usine est enivrante, mais pas assez pour être en mesure d'appréciéer le Irish whiskey à sa juste valeur. J'aime pas beaucoup ça... Mais j'en ai quand même acheté une petite bouteille, en cas d'urgence, ça peut toujours être utile.

Finalement, nous arrivons au Giant Causeway. Nous avons tellement hâte de voir cela que même si la journée a été longue (il est déjà 16 heures!), nous entamons la marche qui nous y mènera. C'était sans savoir que nous devions monter sur le haut de la falaise et ensuite descendre dans des escaliers escarpés jusqu'au font, au niveau de la mer. Disons seulement que nous avons fait ça vite, en maudissant tous les saints du ciel. Blondie et moi partageons un point en commun: nous ne sommes pas trop à l'aise dans les hauteurs.

On a la chienne, mais on est vite récompensées, car la Chaussée des Géants, c'est de toute beauté. Breathtaking. Awsome! Après avoir vu ce site, je peux rayer un élément de ma liste de choses à faire avant de mourir.

Après tant d'émotions et de marche, je pique un somme dans le voyage de retour. Lorsque nous mettons le pied à Belfast, nos estomac grondent... Il est temps de manger un plat consistant. Nous trouvons un resto italien et prenons notre premier verre de vin depuis le début du voyage, qui nous semble durer depuis des semaines déjà.

C'est le ventre plein de spaghettis et la tête pleine d'images que je me couche ce soir là.

Demain, nous marchons sur Belfast.

Long tour de bus... et Belfast


Jour 9 - 28 septembre

6h du matin, 4 degrés celcius, je suis à la gare d'autobus de Galway. Blondie est aussi là, à tempêter contre son sac. Oui, nous partons ce matin, nous plions bagage et nous sommes tristes de quitter Galway. Oui, de nouvelles expériences s'offriront à nous dans exactement 6 heures, mais nous quittons la République d'Irlande pour l'Irlande du Nord, les choses seront probablement différentes à Belfast...

Pour ma part, j'ai hâte d'être à Belfast. J'ai le sentiment que c'est une ville chargée d'émotions et d'histoires. Dans le guide de voyage, la première chose qui est mentionnée à propos de Belfast est qu'elle faisait partie des endroits à éviter. En 2010, ce n'est plus vrai, même si les tensions entre catholiques et protestants sont encore perceptibles. Je reviendrai d'ailleurs plus tard sur cet important aspect.

Nous sommes installées dans le bus (magnifique photo...) et nous quittons Galway aux aurores. Notre chauffeur n'a manifestement pas pris son Nescafé et a besoin d'écouter la radio très fort pour se maintenir éveillé. C'est notre hypothèse. J'ai compris, entre Galway et Dublin, que les radio-poubelle, ça existe partout. Pendant le trajet, j'ai eu l'occasion d'entendre un tonitruant animateur tenter d'aider une pauvre fille à retrouver le père de son bébé de 2 ans. Pour faire une histoire courte, la fille avait les infos suivantes à donner pour retracer le géniteur: elle l'avait rencontré à Galway, lors d'une soirée bien arrosée, ils étaient sortis en boîte, avait mangé du McDo puis avaient consommé leur union, d'où un nouvel être humain était né. Afin de permettre aux auditeurs de retracer l'homme en question, elle fournissait ces détails: cheveux foncés, lunettes et veste grise.

C'est tout. Pas de nom, même pas de prénom, de lieu de résidence... Loin de moi l'idée de juger la fille, ça ne me regarde absolument pas, mais l'animateur a fait de vibrants appels à tous dans toute l'Irlande pour tenter de trouver le dude qui avait malencontreusement éjaculé au mauvais endroit deux ans auparavant... Pour votre information, j'ai vu des tas de gars aux cheveux bruns portant des lunettes en Irlande.

Vous vous demandez peut-être où je veux en venir avec cette histoire? Nulle part, parce que mis à part l'émission de radio, j'ai dormi tout le reste du trajet entre Galway et Belfast.

15h: Nous sommes arrivées à Belfast! Blondie n'aime pas ça. Elle trouve que la ville n'est pas très jolie. Je sais qu'elle est triste d'avoir quitté Galway, une proprette petite ville, mais j'essaie de la motiver à voir au-delà des façades. Je peux cependant comprendre son état d'esprit. Souvent, un endroit nous plaît ou pas dépendamment des expériences vécues auparavant. On a eu tellement de plaisir à Dublin et à Galway qu'on ne peut imaginer vivre des émotions aussi intenses ailleurs.

On verra bien!

Pour le moment, nous devons nous installer dans notre chambre. L'auberge de jeunesse de Belfast est bien, rien à redire, mais notre chambre est petite, ce qui rend l'étendage du contenu de notre sac presque impossible. Bonne chose! On va pouvoir aller jouer dehors plus rapidement!

Nous sortons donc explorer la ville. La première chose que je remarque est que les voitures de police sont blindées. Ok... Je me suis rappelé qu'il était important de demander la permission des gens avant de les prendre en photo à Belfast. Ceci est valide PARTOUT, mais je me demandais si les gens étaient particulièrement sensibles à cela ici...

On est arrêtées prendre une bière, question de se donner du courage (moi) et de l'entrain (Blondie). Le pub dans lequel on a atterri n'était pas très bondé et servait de la bouffe. Parfait! On s'installe, on commande une Guinness et on regarde autour de nous. Que des gars, pas l'ombre d'une femme. Étions-nous entrées dans un genre de taverne ou peut-être un pub gay? Si nous n'aviosn pas été les bienvenues, on nous l'aurait dit, non?

C'est là que nous avons rencontré deux messieurs qui nous ont invitées à prendre une bière avec eux. Ils nous expliqué que ce bar, bien qu'ouvert aux personnes des deux sexes, était reconnu pour être un endroit où les hommes venaient regarder des matchs et boire es pintes loin de leurs femmes. La paix, quoi! Ok... On décide de rester. Parle parle, jase jase, on se fait payer un souper. Cool, mais nous devons sortir un peu, car le temps passe et j'ai envie de voir la ville et de marcher.

Blondie n'est vraiment convaincue, elle ne se laisse pas Belfast l'apprivoiser. Nous décidons de visiter le Giant Causeway dès le lendemain. Une petite sortie en plein air nous fera du bien, après la journée de bus que nous avons vécue.

J'en viens à la conclusion que les villes sont comme les personnes. Des fois, on a des coup de foudre pour l'un ou l'autre, des fois ça prendre plus de temps pour apprendre à les aimer. Les deux se peuvent et, à long terme, s'équivalent.

lundi 18 octobre 2010

Isles of Aran


Jour 8 - 27 septembre

9h15, nous sommes prêtes à découvrir les Îles d'Aran, situées au large de Galway. Pour être précise, nous visiterons une île, Inis Mor (Grande Île). Pour y arriver, nous devons faire 50 minutes de bus et environ 1 heure de bateau. Il fait beau, c'est frisquet, mais une belle journée de plein air s'annonce.

J'ai vraiment très hâte de prendre le ferry, mais lorsque nous arrivons au quai, le ciel se couvre et le vent se lève. Je resterai sagement DANS le bateau, plutôt que je faire ma fraîche sur le pont. Quelle sage décision! Il y a de la houle.

Lorsque nous accostons à Killronan, principal village de l'île, il fait beau de nouveau. Parfait! Il est presque midi et le ferry repart à 17 heures. Nous devons donc décider de quelle manière nous visiterons l'endroit. Trois choix s'offrent à nous:

1. Le vélo
2. La charette tirée par un cheval
3. Le minibus

Le vélo, notre première idée, a été rayée de la liste lorsque nous avons constaté à quel point il ventait. Pas question que je pédale la face dans le vent. Si Blondie a ses côtés princesse, faire du vélo quand il vente à écorner les boeufs, c'est le mien. Mes yeux coulent, mes dents gèlent, mes cheveux se mêlent, mes pantalons frottent sur la chaîne... Non, je suis en vacances après tout, je n'ai aucunement l'intention de me faire chier.

Le tour de charette a été écarté parce que c'était trop cher. Il restait donc le minibus. Allez hop! Notre guide est très drôle, il parle très vite avec un accent particulier, ce qui fait que j'ai fait l'écoutage, tandis que Blondie a fait le photographiage. Nous formons une équipe du tonnerre! C'est dans cette partie du voyage que nous avons eu notre premier ''bain'' d'asiatiques qui mitraillent littéralement tout, tout, tout ce qui les entoure. Tout. Tout, tout, tout, tout.

Nous avons visité une partie de l'île et nous nous sommes arrêtés pour monter sur le fort de Dun Aonghasa. La vue sur la mer et les falaises y est absolument extraordinaire. Je m'y sens si petite... Dur de croire que ce fort est construit depuis des centaines d'années, et encore plus difficile de croire que les gens vivent sur cette île depuis aussi longtemps. Il semble n'y avoir que de la roche.

Nous retournons à notre tour de bus et notre guide nous raconte tout ce qu'il faut savoir sur la vie dans l'archipel... Mais la visite se termine abruptement. Nous en aurions pris un peu plus! Nous nous consolons avec une pinte de Guinness et une petite marche sur la plage.

Je n'ai pas eu connaissance du voyage de retour. J'ai dormi comme un bébé. Après 8 jours intenses en émotions et en activité, je crois que je commence à manquer un peu de gaz. Et de vitamines. On ne consomme vraiment pas beaucoup de fruits et de légumes par ici. Je ne pensais jamais dire ça un jour! Disons que la Guinness ne contient pas beaucoup d'éléments nutritifs, mais Blondie de gave de comprimés de vitamine C. Elle se les ai procurés, car elle avait peur d'attraper le scorbut. On est jamais trop prudent, je lui ai répondu. Jamais trop...

Ce soir, on prend ça molo. Pour vrai cette fois. Demain, nous partons pour Belfast. J'ai hâte!!

dimanche 17 octobre 2010

Terre de roches et de montagnes


Jour 7 - 26 septembre

Les spécialistes de l'alimentation peuvent bien dire ce qu'ils veulent, un sandwich au bacon, c'est vraiment très bon. Dans la bouche. Quand c'est rendu dans la fesse, c'est autre chose. Et le bacon en Irlande, ce n'est pas des petites tranches comme on a ici. Comment dire? C'est comme des chops de porc. C'est des chops de porc. Mon premier déjeuner à Galway était composé d'un café et d'une sandwich de chop de porc. Je viens de baver sur mon clavier.

On a donc commencé notre journée par un succulent déjeuner et nous avons rejoint Frankie à son hôtel, sa Corolla de location. Avec un volant à droite. Je l'admire déjà, moi qui peine à conduire automatique avec un volant du bon côté. Nous examinons la carte, déterminons un itinéraire. L'affaire devrait être ketchup. Le conditionnel est de mise ici, parce que nous avons planifié d'aller à Clifden via la N59. Sauf qu'en Irlande, les routes sont indiquées sur la route, non pas sur des panneaux. Blondie et moi ne sommes donc pas des helpers idéales, car on cherches les indications dans les airs, pas sur la route. On viraille un peu, mais notre ami est bien débrouillard. On est finalement en route, sur la bonne route et dans la bonne direction.

Le paysage est magnifique! Nous faisons un court arrêt sur le bord d'une rivière, tout près de Oughterard. C'est si joli! On y voit des carillons géants qui sont suspendus aux arbres.

Nous poursuivons notre parcours, tels des vagabonds. Nous arrivons dans un coin plus montagneux. Difficile de croire que ces terres sont habitées et cultivées... Il y a de la roche partout. Blondie m'apprend que les gens enlèvent les roches de leur champs, pour les cultiver, et utilisent ces roches pour faire des clôtures. Et des clôtures de roches, il y en a à perte de vue!

Nous arrivons à Clifden et décidons de longer la côte par la Sky Road. La vue que nous avons de la mer et les îles qui y sont disséminées est époustouflante. Amazing! comme dirait Blondie, qui affectionne tout particulièrement ce mot.

Nous roulons, encore et encore, nous remplissant les yeux de paysages magnifiques. Je dois mentionner que Frankie ne devait pas s'attendre à voir des moutons sur la route. Il doit être prudent... J'ai comme l'impression qu'il n'apprécie pas de voir ces bêtes surgir sur la route...

- OH! What the hell..., s'exclame-t'il
- Look at the goat, it's amazing! répond Blondie!
- It scared the shit out of me! Whoa.
- Qu'est-ce qu'il dit?, me demande-t'elle
- Hum, scared = peur, shit = ... shit, out of me = hors de moi.
- Ah ok...
- Ah, by the way, mouton = sheep... chèvre = goat.

J'exagère, et ce, pour vous faire rire. Il faut toutefois que vous sachiez que Blondie se débrouille très bien.

Après la Sky Road, nous retournons à Clifden pour prendre la route R341 et longer la côte. Encore de beaux paysages, mais surtout un dépanneur, où nous nous sommes arrêtés pour acheter de quoi manger. Sans entrer dans les détails, les scones, c'est très sec (ça absorbe toute salive et fait coller la langue sur le palais) et les ficellos de fromage orange, c'est juste bon pour faire des marionettes. Mais c'est là que nous avons trouvé une alternative au lavage: une bouteille de Febreeze. Je reviendrai sur ce sujet plus tard, car nous ne puons pas encore assez.

Tout près de là, nous découvrons une belle plage, remplie de coquillages. Belle découverte! Surprise aussi, de voir des gens se baigner. L'eau doit être à 5 degrés celcius. Moi, je suis trop chicken, et je l'assume totalement.

Nous passons l'après-midi à nous promener et à regarder le paysage.

Nous arrivons à Galway vers 16h. Nous faisons nos adieux à notre ami, car il quitte le soir-même pour Limerick. Il part vers le sud et nous, vers le nord, dans deux jours. C'est tout de même fou les belles rencontres que l'on peut faire en voyage!

Blondie et moi partons donc à notre auberge, question de nous rafraîchir un peu avant d'aller souper. Au menu ce soir: canard pour mon amie, fish and chips pour moi. Le tout accompagné de... Guinness.

On se couche tôt. Au programme demain, Aran Island! Après l'avion, le bus, l'auto, le métro, nous prendrons le bateau.

Galway la magnifique


Jour 6 - 25 septembre

Après une un tour d'autobus de quatre heures, Blondie et moi sommes finalement arrivées à Galway. Si vous avez une seule chose à retenir sur Galway, c'est que ça se prononce Gooooolway.

Ben non, il y a tout plein de choses à voir et à faire à Galway! Il s'agit premièrement d'une ville tout à fait charmante. Notre auberge est située sur Quay Street, en plein coeur du quartier touristique. Comme nous sommes là que pour trois jours, nous avons décidé de loger là où nous pouvons voir un maximum de choses. Si je travaillais à Galway, j'habiterais fort probablement ailleurs, car ça brasse et ça fête fort ici! Peut-être que M. Guinness est fêté durant une semaine ici? C'est mon hypothèse.

Après avoir défait nos sacs dans notre chambre privée (oui, il ne restait que des chambres privées, plus chères, mais nous en avions besoin...), nous sommes sorties explorer la ville. Comme nous sommes samedi, les rues piétonnières fourmillent de gens. Nous commençons par une visite au marché public, établi dans une ruelle à deux pas de la Collegiate Church of St-Nicholas. J'y ai vu des bijoux, des vêtements, de la vaisselle, des fruits, des légumes et des poissons, dont une pieuvre entière.

Nous en avons aussi profité pour faire un peu de lèche-vitrine. En effet, Blondie cherche une bague pour notre ami Wray. C'est une excellente idée, car nous somme à Galway, d'où provient la Claddagh ring. Cette bague est formée de deux mains, qui représentent l'amitié, tenant un coeur, représentant l'amour, le tout surmonté d'une couronne, signifiant la loyauté. On peut porter cette bague avec la pointe du coeur vers soi, ce qui signifie que notre coeur est pris, ou vers l'extérieur, si notre coeur est à prendre. Nous cherchons, mais nous savons que Wray ne trippera pas sur ce type de bague.

Nous marchons, encore et encore, parce qu'il fait si beau! J'ai peine à croire que l'Irlande est réputée pour la quantité de flotte qu'il peut tomber, apparemment à tout moment de la journée. Je sais que c'est un peu pathétique de parler de météo ici, mais je dois dire que j'ai investi dans un pantalon de pluie presque pour rien! Peut-être qu'il aurait fallu que je n'en fasse pas l'achat pour qu'il pleuve pendant trois semaine...

- Quel jour on est? me demande Blondie.
- Euh..., je consulte ma montre. On est samedi!
- Qu'est-ce qu'on fait ce soir? me demande-t-elle?
- As-tu le goût de sortir? As-tu l'appel de la Guinness? lui répliquais-je
- Yes! me répondit-elle en esquissant un pas de danse
- Ok, mais on mange un peu avant...

Aussi bizarre que ça puisse paraître, surtout dans mon cas, il nous faut nous rappeler de manger régulièrement. On vit sur la Guinness (je veux bien croire qu'une bière = un steak, mais tout de même...) et les barres de céréales. Occasionnellement, on se paye une bonne bouffe dans un resto. En tout cas, je dois manger un peu avant de faire la fête... Nous sommes donc sorties pour aller casser la croûte quelque part: pointe de pizza sur le pouce, c'est parfait! Nous terminions notre plat quand, en nous approchant de la foule qui regardait un amuseur de rue, nous tombons sur notre ami Frankie!

Là, les choses se sont passées très rapidement. En deux temps trois mouvements, je me suis retrouvée dans un beer garden de bar, une Guinness dans la main en train de jaser avec Brian et Paul, deux gars de Limerick venue fêter à Galway. On pratique notre Irish (sans succès, hélas), on change de bar, on placote, on chante, on danse et on se retrouve dans un club où une silent disco a lieu. On me met des écouteurs sur les oreilles et on me pousse sur la piste de danse. Il y a deux DJ. Selon la fréquence choisie, on entend la musique de l'un au l'autre. C'est vraiment cool, mais ce qui est encore plus intéressant, c'est d'observer la foule, qui ne danse absolument pas au même rythme (Une gang écoute Nevermind, de Nirvana, et l'autre Time after Time de Cindy Lauper...) et d'écouter cette foule chanter, c'est extrêmement drôle. On se dit qu'il faut amener cette idée à Québec, mais il semble que ça existe déjà...

Comment dire ça sans me répéter... Je me suis encore couchée dans un de ces états. Non mais, faut le faire. Je pense que j'ai bu plus de 20 pintes de bière en 4 jours. J'hésite entre

a) Pas trop fière! T'as pus 20 ans, ma vieille!
b) Ouish... quelle soirée! Prends 3-4 Advil, un grand verre d'eau et va te coucher!
c) Ouiii!! Quoi, le bar ferme? Mais il est seulement 1 heure...

Notre ami Frankie a loué une auto (dans laquelle il est parti se coucher) et passe nous chercher demain. On part visiter le Connemara! Montagnes, mer, falaises, nous voilà!

samedi 16 octobre 2010

Jameson, château et stew


Jour 5 - 24 septembre

Initialement, nous devions quitter Dublin aujourd'hui. Nous avons dû revoir nos priorité, car avec les deux dernières soirées, j'avais le sentiment de ne pas avoir visité la ville suffisamment. Nous avons donc décidé de réserver une autre nuit et de passer une dernière journée complète dans la capitale irlandaise.

Cette fois-ci, Blondie et moi, pour diverses raisons, avons décidé d'arpenter la ville chacune de notre côté. Je ne sais pas si vous savez ce que c'est que de passer 24 heures sur 24 avec quelqu'un, mais disons que nous avions besoin d'être seule. Je me suis levée, je suis allée déjeuner et j'ai décidé d'aller visiter la distillerie Jameson. Pas que je sois fana de whiskey, mais on m'avait dit qu'il s'agissait d'un bel endroit. Peut-être un peu tôt pour boire, mais enfin... La visite a été très intéressante. Je ne vous raconterai pas comment on fait le whiskey, on peut trouver ces infos sur internet. J'ai bien aimé mon verre de dégustation, car avec du coke, ça passe mieux.

Comme j'avais envie de marcher, j'ai arpenté la ville. Première destination, Dublin Castle. Tout près du château, j'ai fait un arrêt à la Chester Beatty library, où j'ai vu une très belle exposition de photo sur la communauté Sikh en Irlande. Belle découverte.

Quand je suis seule, j'atterris inévitablement dans un musée. Je dis toujours que c'est le meilleur endroit pour trouver des toilettes propres (ce qui est généralement vrai) mais c'est surtout un lieu de calme. Ça me donne une bonne raison de ne pas parler.

J'ai retrouvé Blondie vers 16 heures et nous sommes allées manger dans un pub, où j'ai commandé mon premier stew. C'est un plat très liquide... Comme une soupe de mouton, avec des morceaux de carottes et de patates. J'avais dans l'idée que c'était plus ''sauceux''. Pas mauvais, mais pas aussi bon que dans mon imagination. On en a profité pour regarder un match de rugby. C'est difficile d'apprécier un sport télévisé quand on ne comprend pas les règles, mais bon, comme dit le dicton, à Rome, on fait comme les Romains!

Dernier dodo à Dublin, car demain, on part pour Galway. Nouvelle ville, nouvelles aventures!

Bon anniversaire, M. Guinness!


Jour 4 - 23 septembre 2010

Je me suis levée ce matin avec un mal de tête monstre et un appétit d'ogre! Il était donc temps de tester le full Irish breakfast! Composé d'oeufs, de bacon, de saucisses, de black pudding, de fèves aux tomates, ce plat est le meilleur moyen de replacer un estomac que l'on a malmené la veille!

Et quoi de mieux pour continuer la journée? Visiter la Guinness Storehouse! Nous nous sommes donc mis en route, Blondie, Frankie et moi vers la Mecque de la bière irlandaise. Quinze Euros plus tard, nous y étions. Nous avons pu tout apprendre sur la fabrication de l'or noir irlandais, des ingrédients à la fabrication en passant par la publicité. La crème sur la bière a été d'apprendre à verser ''the perfect pint''. Pas aussi simple qu'on pourrait le croire! La Guinness se coule avec patience et passion. Elle se boit aussi avec amour!

Après la visite, nous sommes retournés dans Temple Bar, pour faire un petit somme avant de sortir. Eh oui, nous ne savions pas ceci, mais le 23 septembre est le Arthur Guinness day. Nous sommes à Dublin, nous ne pouvons pas passer à côté de cette fête et nous nous devons de la célébrer! À exactement 17h59, un toast général était porté à M. Guinness, partout dans la ville, et probablement dans plusieurs pubs de l'Irlande au complet. Le quartier était envahi de fêtards, de touristes, de locaux... Tous là pour célébrer. Ce que nous avons aussi fait. Cette fois-ci, pas de mésaventure. Que de la musique, de la danse, de la bière, au Vathouse, un excellent pub. Et aussi au Farrington, un autre pub...

C'est fou comme Dublin est belle. Peut-être parce que je m'y sens un peu comme chez moi.

Comment avoir la tête dans le cul à Dublin



Jour 3 - 22 septembre 2010

Comment boire et porter de la Guinness en même temps?

Nous avons atterrit en Irlande à 14 heures, le 22 septembre 2010 et je pense que je ne serai plus jamais la même. Nous avons pris une navette qui nous a amenées dans le centre-ville de Dublin, tout près de Temple Bar, où nous avons réservé une chambre (dorm) pour 2 nuits.

Wow! Je capote parce que, même si j'ai passé deux jours à Londres, j'atteins officiellement aujourd'hui le but, le rêve tant caressé depuis 1 an. L'Irlande.

Nous avons une nouvelle adaptation. Non, ce n'est pas la conduite du mauvais côté de la route, on y a déjà goûté à Londres. Non, nous devons passer à l'Euro. Quel bonheur de ne pas voir la face de la reine sur tous les billets! Mais nous devons nous habituer à la petite monnaie. De la petite bière (hum!) comparativement à la journée de crotte que nous venons de passer. Parlant de bière, on commence à avoir soif!

Nous sortons notre carte pour trouver notre hostel, le Barnacle's Temple Bar. Par chance, j'ai réservé des auberges qui sont tout près des lieux touristiques. Ça coûte plus cher, mais ça vaut la peine, compte-tenu que nous ne passons pas 4 mois à Dublin, seulement 3 jours.

L'auberge est charmante, le personnel est accueillant, le dortoir est sympa (pour un dortoir). On s'installe et on se prépare pour aller casser la croûte et boire un coup. De Guinness, évidemment! Je ne suis pas une grande fan de Guinness, mais bon, on est à Dublin, alors pas le choix!

On sort vers 18 heures, bien décidées à aller célébrer l'anniversaire de SexyMama! Nous atterrissons à deux pas de notre auberge, au Temple Bar. Je vous jure, pour ceux qui ont connu l'époque glorieuse du bar Chez Son Père, we were home!! Jusqu'au chansonnier qui ressemblait à Stéphane Servant! Hallucinant! J'ai le sourire étampé dans la face, la Guinness est un élixir de jeunesse, c'est bon, mille fois meilleure qu'au Canada! On est parties pour la gloire.

On écoute le musicien pendant que le bar se remplit. En Irlande, il est défendu de fumer partout dans la majorité des établissements. Les bars ont toutefois trouvé une alternative intéressante: le beer garden. Ce jardin, emménagé dans le bar, est un endroit ouvert où les gens peuvent fumer sans sortir sur le trottoir. Belle idée!

Je vous entend... Vous saurez qu'en Europe, j'ai le droit de fumer. Si vous aviez passé la journée que nous avons passée, vous auriez fumé aussi, je vous jure!

Anyway.... On dit souvent que l'alcool est un lubrifiant social. Je peux vous dire que l'alcool et la cigarette, ça l'est encore plus! C'est dans ce beer garden que nous avons rencontré notre ami Frankie, un Américain en vacances d'Iraq. Nous avons placoté, placoté, ri et placoté encore. Et bu de la bière. Et changé de bar. Nous sommes allés au bar The Quay, question de voir si la Guiness goûte pareil partout. Eh oui...

Le temps passe, on jase, on écoute de la musique. On rencontre des Français qui nous appellent ''bonjour les cousines!'' En d'autres temps, ce call m'aurait paru tacky, mais comme ils ne nous ont pas demandé si on connaissaient Céline Dion personnellement, nous leur avons permis d'être nos amis. On a du fun.

Je saute quelques détails ici, mais comme dans toute bonne soirée bien arrosée, il arrive qu'il y ait des incidents. D'habitude, ça ne m'arrive pas à moi, car soit je

a) suis partie du bar
b) suis aux toilettes
c) suis dehors en train de fumer

mais là, disons que j'y ai goûté. Comme Blondie était occupée à prendre des cours de langue anglaise (hum!), j'ai jasé avec un gars au bar, qui, je m'en suis rendu compte assez rapidement, était très très chaud. J'aime parler avec des inconnus, mais quand ils parlent dans une langue étrangère, en lettres attachées, avec un accent, je n'insiste pas trop. Sauf que je crois que le gars avait d'autres intentions à mon égard. Je me rapproche donc de mon nouvel ami Frankie et de nos amis Français.

Malheur à moi. Apparemment, et pour un prétexte que j'ignore, j'aurais insulté le gars du bar, qui

M'A VERSÉ SA PINTE DE GUINNESS SUR LA TÊTE, avant de casser le verre pas terre et de se sauver.

RA- PORT!

Là, tout est allé vite: le gérant du bar vient me voir pour que je lui décrive le gars, tout ce que je pense, c'est qu'il portait un suit (je devais être pas mal plus affectée que ce que je pensais), il m'a donné la clé des toilettes du staff pour que je me change et on est partis ailleurs.

Est-ce une raison pour aller se coucher? Non. Nous avons continuer à arpenter Temple Bar pour trouver un autre endroit où épancher notre soif (bon, ok, on avait plus vraiment soif...)...

...

Je me suis réveillée le lendemain matin, toute habillée, avec mes bottes dans le pieds et mon linge puant la bière. Mais je n'étais pas la seule, le reste de mes roommates étaient dans le même état que moi. Ce soir, promis, je prends ça relax. Je n'ai plus 20 ans après tout...

Pas facile d'arriver en Irlande!


Jour 3 - 22 septembre 2010

Londres à Dublin - Première partie

* Attention! Ce post peut contenir un langage vulgaire, et ce, dans deux langues *

Je me suis réveillée ce matin avec la sensation que quelque chose ne tournait pas rond. J'ai repoussé ce sentiment, car comme je suis à Londres depuis 2 jours, ça ne peut effectivement pas tourner rond! Les gens roulent du mauvais côté de la route, le café de l'auberge est infect et mes cheveux ressemblent davantage à un nid d'oiseau qu'à une chevelure d'une princesse...

Pas grave! On est en vacances. On relaxe!

Nous quittons l'auberge armées de nos sacs et de deux pounds pour prendre le bus de ville qui nous mènera à la station d"easybus, que nous prendrons pour aller à l'aéroport Standsted, question de prendre notre vol pour Dublin.

J'ai tout calculé: 15 minutes de bus, on prend la navette et le transfert dure 1 heure, on passe les contrôles de sécurité, on pose nos fesses dans l'avion, on décolle, on atterrit, bienvenue en Irlande. Facile!

Non!

Premièrement, le bus est bondé. Ce qui signifie que nos petites personnes ont de la difficulté à fitter dans ledit bus. Sans parler de nos gros sacs... De peine et de misère, on réussit à s'insérer dans le véhicule. Destination: Baker street. En effet, selon le site internet, nous devons descendre à Baker Street et nous rendre à Gloucester place et de cette ''place'', prendre la navette. Le chauffeur ne nous a pas dit où descendre, alors on a débarqué trop loin. Pas grave, on a encore du temps. On remonte Marylbone street jusqu'à Baker street pour chercher la maudite Gloucester place. Pas de telle place, inexistante! On apprend cependant que Gloucester place est une putain de rue, pas une place!! Mon problème est que Baker street et Gloucester place street sont parallèles. Où doit-on aller maintenant??

Mais on a encore le temps de prendre la stupide navette. Je cherche une pancarte annonçant l'arrêt de Easybus. Pas de pancarte. On marche, on fait la baboune, on cherche, tout ça avec 20 kilos de cossins sur le dos.

Fume une clope, ça calme les nerfs. Le temps passe, on a de moins en moins de temps... Panique!! On demande à des gens, mais personne ne semble savoir à quel endroit le maudit arrêt se trouve. Sauf une fille, qui nous dit que c'est à côté d'un pub, pas loin. Ok, on va vers le pub, mais aucune indication! Je vois des bus oranges, ça doit être ça! On marche encore, on s'approche, je savoure déjà le moment où je vais pouvoir m'asseoir et rire de cette petite aventure, qui aura testé notre capacité à voyager ensemble, Blondie et moi. Ben non, on est pas encore à la bonne place criss, de criss.

On retourne sur nos pas... Là, je dois dire qu'on commence à être découragées, on a manqué le dernier bus qui nous aurait menées à temps à l'aéroport. On croise un garage de taxi... Le monsieur nous donne un coup de main et nous pointe deux bus oranges qui sont stationnés à une centaine de mètres de là. Victoire! Nous courrons vers les véhicules, mais le gars qui est dedans nous dit qu'il ne peut embarquer personne, qu'il faut aller attendre au pub (vous vous souvenez que j'ai mentionné un fuckin pub plus tôt?) et que de toute manière, nous n'aurons pas le temps de nous rendre à l'aéroport à temps. Fuck, criss, shit, fuck. On marche vers le pub, en se demandant comment, for christ sake, on va pouvoir faire pour prendre un ciboire de vol.

Le gars de Easybus à qui nous venons de parler, que nous avons surnommé ''Angel'' nous siffle à ce moment. Il nous dit que si on lui donne chacune 20 pounds, il nous amènera à l'aéroport. Rush. On a réfléchit 2 secondes. Oui! Oui!

Toutes les histoires ne finissent pas mal! Nous sommes arrivées à temps pour prendre notre vol. On a même attendu! Mais on a eu chaud.

***

On a pris le vol de 13h30 de Ryanair à destination de Dublin. Ryanair, ça n'a rien à voir avec Air Canada. Pas de place réservée, par de petit drink... Mais ce n'est absolument pas grave. On était dans le bon avion, pour la bonne destination, c'était tout ce qui comptait!

Par le hublot, j'ai vu l'Irlande. J'ai su que j'étais à la maison.

vendredi 15 octobre 2010

Londres à pied, c'est fantastique

Jour 2 - 21 septembre 2010

Premier réveil en terre anglaise. Nos roomates sont parties, nous pouvons relaxer en nous préparant, ce qui signifie en fait en cherchant nos choses dans nos sacs. Pas grave, on est relax! Il faut beau, il semble ne pas faire trop froid, une belle journée pleine de promesses s'annonce.

Premier repas anglais: un déjeuner gratuit fourni par l'hostel, qui consiste en des tranches de pain, des cup de confitures, des corn flakes, du yogourt sûr et du café en poudre. Ouin, ça me rappelle des souvenirs. C'est gratuit, nous engloutissons des tonnes de toasts. J'ai essayé de boire du thé le matin et ce n'est décidement... pas ma tasse de thé. (ok, jeu de mot plate.)

10h: Nous quittons l'auberge, bien décidée à profiter de notre journée. Première destination: Hyde Park, qui est juste à côté de ''chez nous''. Nous marchons donc dans ce parc magnifique. Nous voyons des fontaines, des statues (dont celle de Peter Pan), des oiseaux (des canards, des cygnes, et autres que je ne pourrais nommer, car la volaille, moi, je ne truste pas ça). Il fait beau!! Qui a dit qu'il pleuvait tout le temps à Londres? Bon, il est peut-être un peu trop tôt pour crier au miracle, mais il fait vraiment beau et chaud!

Le parc de Lady Di est fermé... quelle déception pour Blondie, qui voulait tellement rendre un vibrant hommage à la princesse des baleines (Princess of Wales. Oui, oui, vous ave bien lu). Qu'a cela ne tienne, on poursuit notre route vers le Buckingham Palace, car nous espérons voir la Reine. Non, nous n'avons pas assez de la voir sur notre monnaie et sur le paquet de change que nous accumulons depuis la veille. Il y a beaucoup, beaucoup de monde qui a eu la même idée que nous. Nous prenons quelues clichée et décidons de marcher jusqu'à l'Abbaye de Westminster. C'est super beau, mais c'est surtout 16 pounds pour y entrer. Nous laissons faire parce que c'est beaucoup trop cher! Big Ben, Parliament Building, Big Eye... Nous prenons des photos, clic ici, clic par là, je prends la pose les cheveux au vent. De grands moment...

Nous traversons sur la rive sud (pensée pour Journalynx, il vente aussi beaucoup de ce côté de la rivière). Nous marchons encore et encore, nous commençons à prendre le beat voyage. Ce n'est pas de tout repos de se relaxer et d'apprécier ces moments de bonheur. Je suis si habituée à courir partout que j'ai du mal à prendre ça cool. Ca va venir, mais j'ai besoin de temps pour y arriver.

Nous marchons, encore et encore. Arrivée à a la city, pause-café dans un Starbucks. Je sais, je vous entends déjà crier au scandale. Ok, je comprend, mais on a cherché des pubs, mais on n'en a pas trouvé. À essayer de traverser la rue sans se faire frapper, on perd un peu la capacité à se concentrer sur les devantures de magasins!

À ce propos, je dois dire que le fait que anglais écrivent sur le sol de quel côté regarder est une bénédiction. Je persiste toutefois à dire que c'est une mauvaise idée de conduire à gauche.

Et prendre le métro à Londres à l'heure de pointe, c'est aussi une très mauvaise idée. Believe me. Une marée humaine. C'est tout ce que je peux dire.

Nous sommes sorties du Tube à Picadilly Circus, rouge, puantes et suantes, mais heureuses. Heureuses de trouver de l'air (moi) et heureuse de voir plein de monde avec des look cool (Blondie). Je ne sais pas combien de fois j'ai fait semblant de prendre la pose, le pouce en l'air, pendant qu'elle prenait des gens en photo. Mais ça en a valu la peine. Les Londoniens ont beaucoup de style, surtout les mecs. Parce que les meuf, ben, comment dire, elle portent toutes des leggins. Oui, oui. Des leggins. Mais pas avec une jupe ou une petite robe. Des leggins. Quand tu as les jambes pour ça, j'imagine que ça peut être cute, mais quand tu as toi-même porté de pantalon-fuseau dans ta jeunesse, c'est un peu triste de constater que ça revient à la mode. Et que dire que shorts portés sur des bas nylons. Je portais ça en secondaire 1. Pour toutes ces raisons, et bien d'autres, nous avons concentré nos énergies à commenter la tenue vestimentaires des messieurs.

Nous avons marché dans Soho pendant quelques heures, à la recherche d'un resto où nous sustenter de mets anglais. Nous avons aterri dans un resto italien, le Red onion, où nous avons mangé nos premiers fish and chips et bu notre première Guiness. Comme on avait marché durant 10 heures, pas besoin de dire que c'était très très bon (les toilettes étaient aussi bienvenues).

Nous avons arpenté Oxford street pour retourner à la maison. Tant de monde! Tant de magasin! Tant de lumières! De quoi viser fou! Je ne me souvenais plus à quel point les métropoles sont excitantes!

Après une telle journée, j'ai dormi comme un bébé, roomates ou pas! Cependant, Blondie a eu à lâcher un tonitruant ''Aie, tu ronfles, tabarnak!'' à un mec qui était arrivé après nous, qui s'est avéré être un puant monsieur, qui me faisait des clins d'oeil le lendemain matin. Ouf... Une chance qu'on quitte demain pour l'Irlande!

London, baby!

Jour 1 - 20 octobre 2010

2h30 du matin, mon cadran sonne. Je dois m'habiller pour aller prendre mon avion qui me mènera, Blondie et moi, à Londre, en Irlande et en Écosse. Je stresse comme une folle. Est-ce que toutes mes choses sont prètes? Est-ce que je vais avoir assez de vêtements, de bas, de bobettes, de linge chaud, de linge cute? Assez d'argent? Est-ce que tous mes papiers, boarding pass, confirmations d'hostel sont en règle? Tant de questions que je ressasse dans ma tête et sur la table de la cuisine depuis des semaines.

Je me demande si ça me tente encore de partir. Ben oui, c'est sûr, mais est-ce que je me mets volontairement en situation inconfortable? Oui!! Dieu que ça va faire du bien de me détimer, de me mettre à l'épreuve.

3h sonne. Le Revel a les yeux petits, il a dû rester éveillé pour venir me reconduire à l'aéroport.

4h. Blondie et moi sommes rendues là où nous voulions être, c'est-à-dire avec un sac à dos trop lourd sur le dos, le sourire aux lèvres. La journée s'annonce toutefois longue. Premier vol: Québec-Toronto, ensuite, Toronto-Heathrow. Heure prévue d'arrivée: 21h. À l'heure de là-bas, il va sans dire.

Le vol s'est bien déroulé. On a beau dire ce qu'on voudra, Air Canada, c'est efficace. Bon petit lunch, des films en masse, des sièges sommes toute comfortables. On est pénardes.

Vers 20h, on commence a descendre et je vois les premières lumières anglaises. La pression monte! On va aterrir bientôt et je n'ai pas dormi depuis des heures. Pas grave, on se reposera dans trois semaines.

Vous savez ce que c'est, les aéroports: marche, marche, fait la file, baragouine quelque chose comme: ''Yes, we're here for 3 weeks, we're gonna visit London, Ireland, Scotland... Nous nous frayons lentement un chemin vers l'extérieur, nous avons besoin de respirer l'air de la place. Il ne fais pas si froid, il ne pleut même pas! Est-ce une promesse de beau temps? Nous sommes sur un nuage, mais pas légère. Le sac semble plus pesant sur le dos de mon amie, qui a prévu jeter son linge au fur et à mesure. Pas moi, je n'en ai pas assez pour ça. Je devrai donc me faire au poids de mon sac. Ce n'est pas grave, je le retrouve comme un vieil ami que je n'ai pas vu depuis longtemps et avec qui j'ai vécu des aventures extraordinaires.

22h: Nous sommes dans le train, destination Paddington station. 15 minutes que nous passons, semi-excitées- semi coma, parce que la run a été longue. Mais on est pas faites en chocolat!!

22h45: Hostel Equity point, London. Je jubile, je suis à Londres, et j'ai un peu de misère avec l'accent british. Pas de troubles, je m'y ferai! On check-in et on se dirige dans notre ''chambre''. L'utilisation des guillemets est absolument nécessaire, car le dortoir est un bordel absolu, comme si une bombe textile y avait explosé. Nos roomates, des jeunes Australiennes, sont sur le point de quitter et semblent avoir tout sorti leur stock pour tenter le tout faire rentrer dans leurs énormes valises à roulettes. À la vue de ces valises, Blondie salive un peu. Disons que le sac à dos a ses avantages et inconvénients.

Avantages:
- Facilement transportable
- Tient dans peu d'espace
- Cool (on est des backpackers après tout)

Inconvénients:
- Impossibilité d'y trouver un morceau de linge du premier coup
- Impossibilité de compartimenter les objets qui s'y trouvent, ce qui implique un mélange du propre et du sale, du mou et du dur

Revenons à nos moutons (très à propos, je reviendrai aux ovins plus tard). Les filles sont étendues sur tous les lits et nous arrivons comme des cheveux sur la soupe. On a envie de s'assoir, d'enlever notre linge et de nos laver (pas mutuellement, même si on voulait, la douche est aussi grande qu'une bécosse... et aussi ragoûtante). C'est à ce moment que notre autre roomate arrive. Une Américaine en état de désagrégation avancée, qui met de la musique à fond la caisse et qui raconte des histoire abracadabrantes (et peu crédibles) sur sa vie de merde aux States. De quoi écrire un roman, mais nous, on a le goût de nous coucher et d'être en forme pour le lendemain.

Personnellement, je m'attendais un peu à ça, dans la mesure où j'avais déjà séjournée dans des auberges de jeunesse... J'espérais seulement que ça arrive un peu plus tard dans notre voyage pour que Blondie s'y fasse. Disons qu'elle a eu son baptême assez rapidement!

Nous avons été capable de nous coucher vers 1h30. Dans le cas qui nous concerne, se coucher n'égale pas dormir. Pas grave. On se reprendra un autre jour. Nous sommes à Londres, nous avons 20 jours de vacances devant nous, nothing can stop us!

mardi 14 septembre 2010

T'es une cloche, ma bell!

Je sais, ça fait un bail que je n'ai pas écrit, mais avec l'arrivée de septembre, j'ai été aspirée dans un tourbillon de travail et d'activités diverses. Ça fait que... bien, ça fait que, parmi ces activités, je suis allée manger dans un excellent resto, dont je parle à l'instant.

Si vous avez régulièrement fait la noce dans la région de Québec, vous connaissez peut-être le Buffet de l'Antiquaire pour y avoir été manger un immense déjeuner en lendemain de veille, mais êtes-vous déjà allé dans cette typique binerie sur l'heure du souper? Le Revel et moi, on avait faim et rien ne nous tentais vraiment dans notre St-Roch, qui n'est pas Nouvo, soit dit en passant. Tout ce qu'il y a de nouveau, ce sont les boutiques hors de prix et les boomers qui s'y promènent, l'air pas toujours rassurés. Pa-thé-ti-que. Mais je m'égare.

Nous sommes donc entrés au Buffet de l'Antiquaire, sur la rue St-Paul, qui n'était pas encore plein. On nous a tout de suite dirigés vers une belle banquette rouge. Un seul coup d'oeil au meu et nos plats étaient choisis: Ragoût de boulettes et de pattes pour le Revel, Cipaille (Cipâte...) pour moi. Avec une soupe aux pois en entrée. Et une cannette de coke. En attendant impatiemment mon assiette, j'ai feuilleté le Journal de Québec. Revel a fait de même. Je pense qu'on est vraiment un vieux couple, mais c'est pas grave, c'est déjà un miracle qu'on s'entente sur le même resto, alors...

Notre soupe arrive. Je ne sais pas si vous aimez la soupe aux pois de votre mère/grand-mère/tante/autres modèles culinaires, mais la soupe au pois du Buffet est absolument délectable. Ni trop claire, si trop salée, elle goûte vraie. C'est aussi simple que ça. Ça m'a donné le goût d'en faire bientôt, lorsqu'il va commencer à faire froid. On a dévoré notre bol en trente secondes, et gobé le petit pain et les biscuits soda qui allaient avec.

En attendant le plat principal, j'ai observé la faune qui se restaurait. Des locaux, des visages familiers que j'ai déjà croisés sur St-Jean il y a quelques années, des amies de femmes, telles que je nous imagine, mes amies et moi dans vingt ans, et surtout des touristes. Quelques anglophones, plusieurs Français. Ça se pousse à l'entrée, les gens attendent à la porte qu'une des petites tables ou un des tabourets au comptoir se libère. Je ne sais pas si ça roule toujours comme ça, mais les deux serveuses sont dans le jus.

Justement, celle qui nous sert nous apporte nos plats. Bonheur. J'espère être capable de vous mettre l'eau à la bouche, parce qu'au moment où j'écris ces lignes, je viens d'arriver dudit resto, je suis pleine, mais je remangerais. Vraiment.

Commençons par le ragoût. Les boulettes sont de belle taille, parfaitement cuites et savoureuses. Les pattes, quant à elles, se tiennent, il ne s'agit pas de filaments flottant dans la sauce ni de poulet passé pour du porc. On détecte la délicate saveur de la farine grillée à point dans la sauce, juste assez, pas trop. Je peux affirmer que ce ragoût est un des meilleurs que j'ai mangés,et j'ai quand même 30 temps des fêtes derrière la cravate!

Mon cipaille (cipâte, ok on peut en parler pendant des siècles, mais un cipaille, dans ma tête, c'est un cipâte que les gens de la haute-péteuterie on repabtisé pour se distinguer de la populace) était, comment dire, à point. La pâte, suffisamment sèche sur le dessus, parfaitement humide à l'intérieure, enrobait les morceaux de viande, parfaitement macérés dans les oignons et le bouillon. À s'en lécher les babines.

Les deux assiettes étaient accompagnées d'une belle portion de bettes dans le vinaigre, le salade et de légumes (carottes, petits pois et choux bouillis). Je vous dis, un dimanche midi chez ma grand-mère!

J'en étais à cette réflexion quand je me suis dit que j'étais heureuse d'être entourée de touriste. Parce que c'est de l'authentique bouffe québécoise, bien représentée. On parle souvent de la poutine, c'est bien, mais de promouvoir nos plats du terroir de manière aussi magistrale et typique, c'est une belle réussite.

Vous voulez savoir le plus beau dans cette histoire? Notre repas, pour deux personnes, nous a coûté 40$, taxes et pourboire inclus.

Allez-y donc!

*********

Vous vous demandez peut-être pourquoi j'ai intitulé ce message ''T'es cloche, ma bell''?

Voici pourquoi. Le Revel aimerait avoir une place de choix dans mes histoires. Pire, il me suggère même les phrases ''géniales'' qu'il a dites que je devrais citer...

Voici donc sa dernière trouvaille, parce que je suis perplexe quant à sa teneur humoristique:

- T'es pas mal cloche, tu sais, Cariboo, me dit-il aussitôt que je mets le pied dans l'appart
-OOOOk, tu as cogité ça tout l'après-midi, dis donc!
-Non, mais, la pognes-tu, ma cloche, t'es belle...
-Oui, oui, dans le sens de bell, qui veut dire cloche en français.
-Eh que chus drôle, hein?
-...

En plus il m'accuse de ne pas le citer comme il faut......

Je vous invite à répondre au sondage qui sera probablement tout près de ce message... Merci de votre participation.

samedi 28 août 2010

Les trois P: Préparations, planification et Pierrette


Blondie et moi pouvons désormais compter moins de 30 dodo avant notre départ pour l'aventure. Il y a un an, je ne pensais pas y arriver! C'est comme autre chose: on commence le secondaire et le temps de le dire, on commence le Cégep, puis l'université, et ainsi de suite.

Voici donc où nous en sommes dans les 3 P préalables au voyage:

Préparation: Cette étape consiste essentiellement à lire sur le sujet, à chercher l'information pertinente qui nous permettra de choisir quoi faire et quand le faire. Doit-on absolument visiter la fabrique de Guiness? Et pour le whyskey, dois-je y aller même si je n'aime pas cette boisson? Quels châteaux aller visiter? Tant de questions auxquelles on ne peut répondre tout de suite. Parfois, il faut se garder du jeu, car une fois là-bas, c'est bien d'avoir une marge de manoeuvre.

Planification: À partir des infos retenues dans l'étape de préparation, il est important d'établir un itinéraire. Pas obligé que ce soit super-précis, on part à l'aventure, pas dans un tour de petit vieux, mais il faut tout de même poser les jalons qui marquent les points tournants de notre périple. Dans le cas qui nous concerne, nous avons effectué les réservations d'avion: Québec-Londre, Londres-Dublin, Belfast-Glasgow, Édinburg-Londres et Londres-Québec. Une fois ceci fait, nous pouvons réserver les auberges dans certains endroit, mais je crois que nous ne réserverons pas toutes les nuitées avant de partir. Sur place, on trouvera bien... Il faut bien que nous conservions un peu de mystère!

Pierrette: Cette étape est nommée de cette manière parce que c'est à ce moment que le Cariboo fait des listes. Listes de lieux sur l'itinéraire, des documents de voyage, des vêtements, des objets importants, etc. Pour ce faire, j'ai trouvé un site internet génial qui me permet de consigner le tout et d'ordonner la réalisation des listes dans l'agenda. Génial pour une fille qui perd constamment ses listes! Voici le lien pour le site de Teux Deux (lire To do avec un gros gros accent):

Eh bien voilà, c'est là que nous sommes rendues!

*********

Le Revel est contente ces temps-ci, il a reçu ses prêts étudiants. Il m'appelle jeudi soir après le travail:

- Allo, Cariboo, t'eeesssss ooooùùùùù?
-Ben, là, je sors du gym... J'essaie de traverser la rue sans me faire frapper par un gros cave en char.
-On vas-tu manger au resto, j'ai faaaaiiiiimmmmm!
-Ben, t'as de l'argent? Parce que moi, ma paie rendre seulement demain.
-J'AI REÇU MES PRÊTS ET BOURSES, JE SUIS RICHE!
-Ok, mais là, tu ne vas pas tout dépenser comme un colon, tsé, c'est pas un cadeau, c'est un PRÊT!
-Ben non, sauf pour MON NOUVEL IMPERMÉABLE!
-Et puis, je gage que tu es allé à la nouvelle boutique de Manga?
-...

Ouin, c'est dur les débuts de session. On a trop d'argent, alors on devient fou. On exclut la personne qui parle.

On a échoué à La Petite Boîte Vientamienne . J'y étais déjà allée avec ma soeur et j'avais adoré la soupe-repas.

Nous avons été accueillis par la Chef Lê en personne, qui nous assignés à une petite table Nous avons été chanceux, il en restait seulement deux! Même si le menu est extrèmement intéressant, j'ai quand même opté pour une soupe-repas, la soupe exotique au boeuf épicé, avec les rouleaux de printemps en entrée. Tout était bon, mais le bouillon de la soupe n'était pas très chaud. Je préfère franchement me brûler les lèvres lors de ma première gorgée. Je vous recommande tout de même ce resto.

Quant au Revel... Il m'étonnera toujours! Il décide de prendre les dumplings en entrée, mais le magret de canard en plat principal. Me rappelant l'épisode où sporty spice, sa soeur, nous avait invitée pour déguster un canard qu'elle avait fait cuire elle-même, je lui ai demandé s'il désirait vraiment ce plat. Oui, il me répond confiant, mais un peu offusqué: ''j'adore ça!''

Ok... Son assiette arrive, je vois son visage changer. Il ne s'attendait pas à ça. Il goûte, fait encore une drôle de face...

-Coudonc, mon loup, tu n'as pas l'air d'aimer ça.
-Ben, c'est pas ce à quoi je m'attendais...
-Chéri, du magret de canard, c'est ça, des minces tranches presque crues...
-Ark c'est cru?
-Ben là, pourquoi tu as commandé ça si tu n'aimes pas ça??
-ahhh...

Il a compris que du MAGRET de canard, ce n'est pas du CONFIT de canard.

*********

Je suis allée essayer la nouvelle brasserie de St-Roch, La Korrigane, mercredi soir avec un de mes amis. En fait un de mes seuls ''amis de gars''. J'adore mes gurlz, mais des fois, c'est le fun d'avoir un point de vue masculin, ça m'aide à relativiser.

La Korrigane: Belle expérience, j'ai bien aimé la salle, très dépouillée. Un peu bruyant, mais c'est ça une brasserie. Plus le temps file, plus le monde parle fort, moi la première. Vous auriez du m'entendre sur la commission Bastarache. En tout cas, le gars au bar m'a entendu, de même que la table à côté. Seul petit bémol, quand on est assis au bar, on peut recevoir de la mousse et de l'eau provenant de l'énergique bartender, qui lave ses pintes. Impossible de boire sa mousse dans un verre sale dans cet établissement!

Je crois bien que c'est tout pour le moment. Merci de me lire et de me laisser des commentaires, c'est très apprécié! :)