samedi 13 octobre 2012

«La brosse du siècle» avec introduction de l'auteure


Ça fait un bail que je n’ai pas écrit. On dirait que ça me fait peur de me mettre au clavier pour écrire quelque chose de personnel. Comme si n’importe quel quidam pouvait, à la lecture de mes modestes textes, percer ma carapace. Ça m’effraie de penser qu’au fil des mots qui entrent dans le cerveau du lecteur par les yeux, ces mots puissent se transforment en autant de petits marteaux attaquant la surface lisse de mon armure, révélant ainsi des zones tendres et fragiles. 

Des exemples ? Je ne voudrais pas que le lecteur devine, à travers l’explication d’une recette de sauté de tofu et de choux de Bruxelles, que je m’ennuie de ma mère quand je sors son wok électrique. La vue du grand couvercle rouge en aluminium, qu’on prenait pour un chapeau de chinois, me fait monter les larmes aux yeux. 

Je ne voudrais pas que le lecteur devine, en lisant une histoire de mon cru, qu’il s’agit de ma vie et qu’il se permette de me juger. Pourtant, au nombre de fois où je sors habillée comme la chienne à Jacques, on peut supposer que je me fous de ce que les gens pensent. Non, il semble que dans ma petite tête, ça ne s’applique pas à ce qui sort de mon esprit. C’est pourquoi je préfère raconter les aventures des autres, les exagérer, les embellir ou les enlaidir, c’est selon. 

La brosse du siècle

J’ai des amis qui sont sortis, un soir dans un bar, et qui ont été entraînés dans le cercle infernal des shooters. On en prend un, pour se mettre dedans, on se challenge, on devient de moins en moins capable de se contrôler, on devient de plus en plus toton... Ça arrive parfois de perdre les pédales et le contrôle, il faut l’assumer. Mais pour eux, l’aventure a véritablement commencé le lendemain matin. Il se sont réveillés dans leur lit respectif, en t-shirt et en bobettes, avec une gueule de bois grosse comme la Terre et une soif de cheval. Les amis, colocs, ont émergé d’un sommeil léger et brumeux à la même heure, sont sortis de leur chambre avec les mêmes points d’interrogation dans les yeux, se demandant ce qui s’était passé. Aucun des deux n’avait souvenir de la veille (en fait, leurs souvenirs devenaient dangereusement flous à «Moé, je t’aime en crissssss.... Chin-chin.». 

Afin de se remémorer leurs faits et gestes de la veille, ils se sont dit qu’il fallait trouver des indices. Premier en droit à inspecter, se dirent les deux Colombos, c’est les poches de jeans et la sacoche. Ils avaient ainsi pour objectif de retracer les achats qu’ils avaient faits sur les coupons de caisse et relevés de transaction. Le premier a retrouvé son porte-monnaie dans la poche, avec dix dollars en moins que le montant avec lequel il était parti pour la gloire. C’est donc à dire que ce n’était pas lui qui avait payée les nombreuses, voire incalculables tournées. De son côté, la propriétaire de la sacoche a cherché en vain, sans trouver ladite chose. En plus de ne pas savoir ce qu’ils avaient achetés la veille, ni de quelle manière ils étaient rentrés (la course de taxi coûte normalement plus de dix dollars), la sacoche était disparue. Dieu sait quels objets s’y trouaient, mais la crise fut monumentale. 

L’ami, voyant son amie en pleine détresse, eut une idée de génie: appeler le propriétaire du bar, un de leurs copains. Normalement, cette idée aurait surgi plus rapidement, mais disons seulement qu’ils ont eu de la difficulté à faire fonctionner le grille-pain ce matin-là... À partir de ce moment, un rayon de soleil illumina un coin de leurs cerveaux embrouillés. Oui, la sacoche était restée au bar, elle était en sécurité. Ils prirent donc une douche, plusieurs cafés, plusieurs verres d’eau, leur courage à deux mains et se rendirent sur les lieux de leur débauche. En auto ? J’en doute, leur taux d’alcool était encore trop élevé pour qu’aucun d’entre eux ne puisse prendre le volant. Ils allèrent donc au bar en autobus.

Après un voyage d’une heure dans le cul d’un autobus accordéon, ils saluèrent leur copain sauveur avec un petit sourire, le visage blême teinté de rouge, le rouge de la honte. Le sauveur de la sacoche, lui, les accueillit avec un grand sourire et un bill de 300 $. Et la vérité sur ce qui se passa la veille. 

Il appert que la veille, il ne s’était pas passé grand-chose: ils étaient restés au bar durant une heure, avaient bu chacun pour cent cinquante dollars de shooters et étaient repartis, non pas comme ils étaient arrivés, mais en zigzaguant, ronds comme des soucoupes.

Bien que cette histoire se termine sans conséquence majeure, excepté une capacité d’attention diminuée d’un côté et un dégoût profond de la téquila pour l’autre, le mystère du retour subsiste encore aujourd’hui. Nul ne sait comment ils sont rentrés et personne ne le saura jamais. 

mardi 17 juillet 2012

Panier bio - semaine 3 (10 juillet 2012)


C'est le retour du mardi-légumes ! Au menu : basilic-lime, cresson, ail, poivron vert, tomate, brocoli, concombre. Le défi de la semaine? Bette à carde et chou-rave.
Cette semaine, j’ai eu mon premier vrai défi de l’été : cuisiner des légumes dont la vue ne m’inspirait absolument rien. Même pas un nom ! Je pensais être une experte en légumes, mais le chou-rave m’a laissée perplexe, malgré sa belle couleur mauve. Après quelques clics de souris, j’ai appris que ça se mange cru râpé. Ou cuit. Mais connaissant ma paresse légendaire, j’ai décidé de le passer au saladaco (si vous ne connaissez pas cet instrument, sachez que tout paresseux se doit d'en posséder un. Ça tranche les légumes durs telle que la carotte, la bettrave et le navet, en fils minces. Après quelques tours de manivelle, vous êtes prêts à garrocher le tout dans une salade ou un sauté.) Ce ne fut malheureusement pas la meilleure décision, car il s’est plus effouèré que coupé en fins spaghettis. Je l’ai quand même dégusté dans une salade de pommes de terre (semaine 1, photo ci-contre) à laquelle j’ai ajouté le brocoli, blanchi 2 minutes, et autres légumes et herbes finement ciselées. Le goût frais et un peu piquant du chou-rave a donné du pep à cette salade, mais le côté juteux du légume a fait en sorte de mouiller la salade un peu trop à mon goût. 
Ma réussite culinaire de la semaine a toutefois été le saumon en robe de bette à carde. Ricardo a été mon mentor, Blondie ma goûteuse. Je suis très fière de mon plat, même s’il faisait un peu chaud pour cuisiner (plus de 30 degrés dans mon appart). Le petit pinot grigio nous a toutefois permis de supporter la canicule. 



De son côté, Wray a transformé ses tiges de bettes à carde en une sublime version de cigares au chou. Il a aussi créé une magnifique salade de légumineuses avec tous ce qui restait. Wray est un des seuls êtres que je connais à pouvoir faire des plats qui ont de la gueule avec des fonds de frigidaire. Chapeau, mon ami. Tu ne perds pas la main ! Voici quelques clichés pour le prouver. 

 

Panier bio - semaine 2 (3 juillet 2012)


Cette semaine dans le panier : fraises, laitue, tomates, concombres, radis chinois, fleur d'ail, bok choy. Et du basilic, plein de basilic !
Ça sentait bon dans l’auto sur le chemin du retour. Contrairement à la semaine dernière, le beau temps était de la partie et le trafic, moins lourd. 
J’ai mangé la majorité des légumes en salade, car je suis paresseuse. Oui, vous avez bien lu ! Depuis que j’habite seule, je souffre d’un mal quasi incurable : l’incapacité à mitonner de bons petits plats sans faire les coins ronds et inévitablement finir par m’assoir devant une bouillie immonde. En ne cuisant pas les légumes, on garde au moins le croquant. En ajoutant une canne de thon, on complète le tout avec des protéines bon marché. 
La solution à mon problème est simplissime : cuisiner pour quelqu’un. Ça tombe bien que j’aborde la question, puisqu’il est temps que j’introduise un nouveau personnage dans mes aventures : Mignon. Oui, oui ! Comme le filet : tendre et précieux. Disons donc les choses ainsi : j’ai parfois un invité spécial à la maison, ce qui me motive donc à expérimenter de nouvelles recettes. 
Cette semaine, j’ai joué la carte de la simplicité en concoctant des pâtes au pesto et tofu et sa tombée de champignons et bok choy. Simple et délicieux !

mardi 3 juillet 2012

Paniers bio - semaine 1 (26 juin 2012)


C'est sous la pluie battante que Wray et moi sommes allés à la rencontre de notre destin, le 26 juin dernier. Excusez le ton dramatique, mais je suis d'un enthousiasme sans borne lorsqu'il s'agit de parler de nos légumes. Non seulement sont-ils bio, mais ils viennent de la production maraîchère Clément Roy située à Donnacona! Depuis quelques années, je réfléchissais à la possibilité de faire l'achat de paniers, mais le projet n'aboutissait pas : décision prise trop tard dans la saison, manque de capitaux, paresse... Cette année, par contre, j'en suis !


Moyennant deux paiements de 185 $ (le 15 avril et le 15 août), on livre près de chez moi des paniers de légumes et de fruits très diversifiés, et ce, de juillet à octobre. Wray et moi nous séparons le tout, ce qui revient à environ 20 à 25 $ de légumes frais par semaine. C'est ce que je dépenserais en épicerie. L'avantage des paniers, ou l'inconvénient, c'est selon, c'est qu'on a une surprise chaque semaine ! Bien sûr, pour ce premier panier, je m'attendais à du feuillage. Mais j'ai aussi eu de la rhubarbe, ce que je n'ai jamais cuisiné. On peut évidemment faire des échanges de produits, mais je préfère tenter ma chance. Qui sait, peut-être que le radis chinois ou la bette à carde me réservera des surprises ! D'autant plus qu'avec internet, toutes les recettes imaginables sont à la portée de la main... 


Pour cette première récolte, qu'ai-je dans mon panier? 


- laitue feuille de chêne
- concombres libanais
- fraises
- patates
- fleur d'ail
- poivrons verts
Wray avait l'air un peu déçu de la taille du panier. Je l'avais préparé psychologiquement à ne pas avoir une tonne de légumes, mais quand même, j'ai senti la déception dans sa voix. Peut-être était-il triste à cause de la pluie? Du bouchon de circulation dans lequel nous étions bloqués? Ceci dit, nous ne le saurons jamais, puisque, tel un grand sage, Wray ne livre ses sages paroles qu'au compte-goutte (généralement, il dit des mots de Jésus ou des mots cochons). L'important était que nous avons notre panier.






Une fois le contenu du panier séparé en deux, force était d'admettre qu'il n'en restait pas très épais. J'ai donc mangé la salade « manière ben straight », c'est à dire couper un peu de tout, les sacrer dans un bol, touiller avec de la mayo, du cari, du fromage et du thon et voilà une salade qui satisfait la madame. 


Il restait toutefois la mystérieuse rhubarbe. Après une très sérieuse enquête sur Facebook, les suggestions étaient nombreuses, l'enthousiasme, pas très élevé. Ma soeur, Jules, dans son état de fille granola (terme à connotation positive, siouplait !) m'a envoyé une recette de confiture fraise et rhubarbe, avec ses commentaires. Voici des confitures en devenir: 


La confiture, à peine 15 minutes plus tard... 

Je dois spécifier que les commentaires de Jules, ajoutés à la main dans un livre de recettes, représentent à mes yeux un phare dans l'océan de l'art culinaire. Précises et claires, tracées de sa belle écriture cursive, ces notes sont une marque du passage d'une amoureuse de la bouffe, épicurienne végétarienne (presque) dans les pages de ses livres de recettes qui sont toujours magnifiques à regarder. Comme si elle avait un don pour mettre le grappin sur des bijoux de livres aux photos racoleuses, excitant les papilles et tous les autres sens. J'ai toujours hâte, quand je vais la voir, de feuilleter ses nouveaux livres de recettes. Ça me rappelle notre tante Ginette et son étagère croulant sous les livres et fiches de recettes. Gourmands nous sommes, et il semble que ce soit génétique. 


J'espère que je vous ai donné le goût de vous y mettre. Un, deux, trois... Cuisinez !


mercredi 27 juin 2012

Un jeudi soir à Québec

C'est avec consternation que j'ai appris cet hiver que le Café Tatum, sur la rue St-Jean, avait fermé ses portes. Je n'y allais plus à toutes les semaines comme à l'époque où je travaillais à la Tabagie Quartier Latin, mais quand même! C'est là où, en septembre 1996, je sortais pour la première fois avec mes nouveaux amis. Fraîchement libérée dans la grande ville, je découvrais que le café pouvait se servir autrement que dans une tasse blanche, saturé de sucre! Et qu'il y avait toutes sortes de cafés: au lait, viennois, mocha... Un monde nouveau s'ouvrait à moi!

Eh bien, ce monde n'est plus. J'imagine que toute bonne chose a une fin, inutile de pleurer. Est-ce toutefois le signe que je doive moi aussi quitter la ville? Sans tomber dans l'ésotérisme, il est peut-être temps que je sacre mon camp! J'ai presque passé autant de temps à Québec qu'à Quévillon... Alors, la suite, elle sera où? Victo? Montréal? Toronto? New York? Los Angeles? Paris? Moscou? Faut bien rêver, quand même!

C'est donc dans cet état d'esprit que le 14 juin dernier, je suis allée hanter les anciens locaux du Café Tatum, en compagnie de Wray et de Journalynx. Maintenant flanqué d'une petite terrasse, le restaurant s'appelle Les Trois Garçons, et il s'agit d'un bistro bien sympathique. Lorsque j'ai rejoint mes amis, ils étaient attablés près de la fenêtre et dégustaient une pinte de bière. Salivant déjà à l'idée de manger un Tom Pouce (photo), Journalynx avait déjà fait son choix. Wray optait pour le même sandwich tandis que je prenais un peu au hasard, le Québec 1608. Composé d'une juteuse boulette sur laquelle fond une tranche de fromage 1608 de la laiterie Charlevoix, d'oignons caramélisés, de roquette et de caramel balsamique, l'ensemble est un délice. «C'est juste un burger» protesterez-vous. Oui... mais non! On est loin du petit burger plate du McDo ou de la cabane à patates. Le tout accompagné de frites et de mayos maison, nous étions au ciel. Il semble que la tour d'oignons français vaut aussi le détour, mais nous avons été sages. En fait, plus ou moins sages, puisque j'ai gobé une tarte au sucre à l'érable (avec un coulis au caramel butterscotch, un pur délice!). Journalynx s'est laissé tenter par une crème brûlée.

Après ce copieux repas, nous sommes allés au spectacle du groupe vocal Rive-Son, de Lévis, au Palais Montcalm. C'était la deuxième fois que j'assistais à leur spectacle annuel. En juin 2011, j'avais été éblouie par le talent, autant vocal que physique, de ces artistes. Ils sont nombreux sur scène, ils sont partout, ils dansent... Ça donne presque le goût de passer les auditions! Mais on sent qu'il y a énormément de travail derrière ce spectacle; il faut donc s'investir à 100% dans un projet de ce type pour que ça fonctionne. Chapeau! Le spectacle 2012 était excellent!

C'est donc une magnifique soirée, toute en saveur et en sons, que j'ai passé avec mes amis. Je le dis et le répète, l'amitié, ce c'est pas inconditionnel. Il faut l'entretenir pour qu'elle puisse continuer à vivre. Sinon, il meurt. IL MEURT.

samedi 2 juin 2012

Ah, BD de mon coeur!


J'aimerais parfois revenir dans le passé. Pas dans le but de changer tout plein de choses, non, je ne déposerais qu'une pincée de motivation sur ma tête, question de me faire allumer sur certains talents que je possédais (possède encore ?). J’aimais beaucoup dessiner. J’aimerais avoir eu l’occasion de développer cet intérêt en (peut-être) un talent ou une carrière ! C’est à ça que je pense que je termine la lecture d’une BD. Je ne ressens pas d’amertume, mais je me dis que ce doit être trippant à créer, encore plus que d’écrire de la fiction. Je sais que la création d’une BD demande beaucoup de travail et c’est pourquoi j’aimerais vous inciter, chers lecteurs, à aller fouiner dans la section BD de votre librairie favorite. Qui sait ce que vous pourrez y trouver au détour d’une allée. Du bonheur imprimé ? Oui !

Ces temps-ci, je suis en pleine boulimie de bandes dessinées. Je me gave de dessins, de bulles, de textes drôles et intelligents. Avec la pile de livres qui attendent d'être lus sur ma table de chevet, j'ai du pain sur la planche ! Je ne comprends pas les gens qui trouvent que la lecture, c'est une perte de temps. Je peux comprendre qu'on ait moins d'aptitude à lire (comme mon ami Wray, qui lit super lentement, mais ce n’est pas de sa faute. Alors, pour lui, lire un livre ça prend une année. De quoi oublier l'intrigue et devoir tout recommencer du début. M'enfin, c'est une autre histoire.) J'imagine qu'il faut être mis en présence de livres, et ce, très jeune, de manière à les apprivoiser lentement et à les apprécier. Comparaison : lorsque j’étais jeune, je n'ai pas été mise en contact avec des animaux. Ce qui fait que je suis mal à l'aise avec tout ce qui n'est pas humain. Non, je ne suis pas plus à l'aise avec les humains non plus. Shit. Est-ce à dire que les gens de Lebel-sur-Quévillon sont d'une origine non humaine ? Ça expliquerait bien des choses... Je vais devoir demander à mon amie Nath. 

Je m'éloigne de mon objectif primaire qui est le suivant : vous mettre l'eau à la bouche ! La BD, c'est cool parce que contrairement aux livres traditionnels, il y a des images ! Héhé, je ne vous apprends rien, je sais. Et la BD n’est pas nécessairement que pour les enfants. On peut y apprécier des aventures humoristiques, comme dans Boule et Bill (ma série préférée entre8 et 12 ans) ou plus sérieuse, comme dans Mafalda ! Pensez-y, on lit Mafalda quand on est jeune, car elle est drôle, mais quand on la relit à l’âge adulte, on y découvre toute une dimension politique et sociale ! 

Dans une BD, on peut décrire des trucs très sérieux, comme Guy Delisle quand il parle de son séjour de deux mois à Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord, dans laquelle il décrit la vie dans l'un des derniers bastions communistes du monde, là où les gens vivent en vase clos depuis les années 50. Avez-vous déjà éclaté de rire (fort !), seul dans un bus en lisant une BD d'adulte ? Moi oui. Et ceux qui me connaissent savent que je suis assez sérieuse, merci. Pyongyang, c’est sérieux, mais c’est aussi très drôle! Alors quoi, ça ne vous met pas l'eau à la bouche ? M. Delisle a aussi fait plusieurs autres BD... il a la cote ces temps-ci avec Les chroniques de Jérusalem, vous n'aurez aucune difficulté à trouver ses ouvrages en librairie ou à la bibliothèque. Mais qu'est-ce que vous attendez, foncez chez Pantoute, allez !

Non, je vous retiens encore un peu... tant qu'à vous déplacer, prenez aussi note du nom d'une bédéiste absolument délicieuse : Zviane. Je viens tout juste de terminer La plus jolie fin du monde. Je suis sous le charme. J'ai connu Zviane avec Le bestaire des fruits (je vous en ai déjà parlé), mais je suis désormais accrochée. Tsé quand tu lis une BD et que tu entends les voix des personnages dans ta tête, avec le bruit ambiant  et de la musique? Eh bien, c'est ça, lire Zviane. Tout est là, il n'y a qu'à relaxer et à écouter le livre. Dans La plus jolie fin du monde, on suit les aventures de Zviane, de 2006 à 2007, du bac à la maitrise en passant par le Cégep, le tout uni par des réflexions sur « que dois-je faire, ou dois-je aller, quel choix de carrière dois-je faire ». Peut-être que j'ai accroché pour cette raison, celle qui fait que je ne sais pas où m'investir. À la différence que je n'ai pas poussé les études assez loin. Voilà un regret que j'ai : celui de ne pas avoir eu la stimulation de pousser mes connaissances à leur limite et de dépasser cette limite. Je me suis contenté de faire ce que je devais faire sans plus. 

Allez, pas question de tomber dans la morosité ! Bien qu'il ne fasse pas beau aujourd'hui, ce n'est pas une raison pour déprimer ! Non, de nouvelles BD m'attendent à la bibliothèque. Oui, car le monde de la BD fourmille de talents qui ne demandent qu'à être découverts. Allez, qu'attendez-vous ? J’en lirai de nouvelles et je vous ferai un rapport très bientôt!

mardi 29 mai 2012

Pour en finir avec le Prince charmant (et la princesse charmante)

Vous êtes-vous déjà demandé quelle serait la suite de la Belle au bois dormant ? de Cendrillon ? Quelles aventures pourraient vivre le beau prince et la princesse, dans leur château ? Voici mon idée : rien. Je crois que les protagonistes seraient morts d’ennui. Pourquoi ? Essayez d’avoir une conversation avec quelqu’un qui a dormi 100 ans, ou avec un héritier qui n’a jamais travaillé. Je peux me tromper, mais ces personnes ne sont certainement pas très intéressantes. Leur grande aventure de vie, ils l’ont vécue. Après, il ne se passe plus rien. 

Mon objectif est de détruire le mythe du prince charmant. Les filles, arrêtez de l’attendre, il n’existe pas. Désolée de vous décevoir, mais la main du prince William n’est plus libre. Vous devrez donc vous contenter d’un gars imparfait. Peut-être plus gros ou plus maigre, plus grand ou plus petit que l’image que vous avez de l’homme idéal, exerçant un métier aux antipodes du dentiste ou de l’architecte que vous attendiez depuis votre plus tendre enfance. 

N’allez pas penser que je vous dise de vous contenter de peu, oh que non. Je vous dis simplement de modifier l’image idyllique que vous vous faites de l’homme idéal. En ne rejetant pas du revers de la main toute personne qui déroge à votre sacro-saint modèle, vous pourrez découvrir des gens très intéressants. Et probablement de changer de type de gars que vous fréquentez continuellement et qui ne vous rend manifestement pas heureuse. 

Enlevez-vous de l’idée que vous êtes une princesse charmante. Si vous déféquez comme tout le monde et que vous dégagez des odeurs, vous n’êtes pas une princesse charmante. Et c’est tant mieux ! Vous exercez probablement un métier intéressant, vous vivez des aventures rocambolesques, vous essayez des coiffures qui ne vous vont pas toujours bien, et c’est tant mieux comme ça ! Vous êtes authentiques ! Vous méritez d’être avec quelqu’un de bien. Quelqu'un qui n'est pas parfait, mais qui sait vous faire rire aux larmes, vous émouvoir, vous remettre en question. Un prince, c’est beaucoup trop drabe pour vous, vous ne trouvez pas ?  

samedi 26 mai 2012

Difficile amitié


Loin de moi l'idée de m'épancher ici comme une adolescente transformée en monstre par les hormones. J'ai toutefois besoin d'exprimer quelques idées en lien avec la notion d'amitié.
Comparable à l'amour, moins le sexe en théorie, l'amitié est un lien unissant une pour plusieurs personnes possédant des intérêts communs, dans la mesure du possible. Comme nos intérêts changent au fil du temps, peut-on s'attendre à conserver les mêmes amis durant une longue période? Rien n'est moins sur. C'est le constat auquel j'arrive ce matin.
Peut-on demeurer ami avec une personne avec qui la seule chose que l'on partage est le souvenir? On peut certes relater les aventures de jeunesse au cours d'un souper bien arrosé, mais peut-on le faire à coeur de jour? À moins d'inventer de nouveaux souvenirs, il me semble que ça peut devenir un peu répétitif.
La question que je me pose concerne toutefois la nature du lien qui unit deux personnes dans l'amitié. Ce lien est-il inconditionnel? Les amis doivent-ils toujours être là, peu importe les écueils de la vie? Même si ça heurte les valeurs de l'autre? Par exemple, j'adore mes amis, mais je ne paierais jamais la caution pour les sortir de prison. Il ne s'agit pas de mon enfant, tout de même. L'amour inconditionnel ne se trouve, à mon avis, qu'entre un parent en son enfant, et encore, il est unidirectionnel. Parlez-en à un enfant qui affirme très sérieusement à sa mère qu'il ne l'aime plus et veut changer de famille.
Je terminerai sur une note positive; quand même il fait beau, le printemps est là, il n'y a aucune raison de sombrer dans la mélancolie. L'amitié, bien qu'elle ne soit pas inconditionnelle, peut durer des années, voire des décennies, pourvu que chaque partie y mette du sien et du bon vouloir et y ait du plaisir.
 D'où ma réflexion de ce matin. J'aimerais donner un coup d'électrochocs à certaines relations, afin d'éviter qu'elles ne tombent dans le coma, pour ensuite ne subsister que dans le souvenir.
Intéressez-vous à vos amis, posez-leur des questions. Il se passe certainement des choses dans leur vie. Moi, je suis mal faite, j'aime que les gens qui m'aiment s'intéressent à moi d'eux-mêmes. Si j'ai besoin de tendre des perches longues de 12 mètres, ça me donne le sentiment que je quémande de l'attention. Je ne suis malheureusement pas à l'aise dans l'art de demander.
Allez zou, filez dehors. Il fait beau.

dimanche 11 mars 2012

Journée de la femme (en retard): Pour atteindre l'équité


Dans le cadre de mon emploi actuel, j’ai été initiée aux notions entourant la Loi sur l’équité salariale, puisque nous avons dû en faire l’exercice afin de nous conformer à la Loi sur l’équité salariale, exercice désormais obligatoire depuis 2010. D’entrée de jeu, je croyais que l’équité salariale concernait l’équité entre les gens qui occupent des postes similaires. Ce n’est pas tout à fait cela. L’équité salariale consiste plutôt à « attribuer à des emplois traditionnellement occupés par des femmes un salaire égal à celui d'emplois traditionnellement occupés par des hommes, même si ces emplois sont différents, pourvu qu'ils soient de même valeur ou de valeur comparable dans l'entreprise. » http://www.ces.gouv.qc.ca/


L’objectif de la loi est donc de reconnaître des aspects féminins du travail et de les payer en conséquence.


La grande question est de savoir comment établir des comparables sur lesquels se baser pour évaluer les écarts de salaire. Comme mon objectif n’est pas de vous expliquer les rouages de cette démarche, vous trouverez toutes les explications et les outils nécessaires sur le site de la Commission de l’équité salariale. Résumons toutefois la démarche en trois étapes : identifier les catégories d’emploi et leur prédominance sexuelle, évaluer les catégories en leur octroyant un pointage selon des critères établis (qualifications et efforts requis, responsabilités, etc.) et comparer les pointages. C’est l’écart entre les pointages qui déterminera si les catégories d’emplois ont été payées à leur juste valeur. Ce n’est pas un exercice de tout repos, mais le jeu en vaut la chandelle, et pas que sur le plan des remboursements! 


L’obligation de se conformer à la loi est un message clair : la discrimination entre les sexes au travail sur le plan du salaire n’est plus tolérée. 


Est-ce à dire que nous pouvons maintenant nous asseoir sur nos lauriers et affirmer que les femmes sont égales aux hommes dans les milieux de travail ? Malheureusement pas, selon moi, car le salaire, ce n’est pas tout. Si nous pouvons établir des lois afin d’éliminer la discrimination basée sur le salaire, il est impossible de faire des lois pour empêcher la transmission de stéréotypes issus de nos perceptions, nos croyances, notre éducation. 


Afin d’illustrer mes propos, réfléchissez à ceci: est-ce que ces paires de mots évoquent des réalités différentes ? Un serveur / une serveuse, un cuisinier / une cuisinière, un coiffeur / une coiffeuse, un enseignant / une enseignante. un mécanicien / une mécanicienne. Peut-être voyez-vous la même chose... de discussions que j’ai eues avec mon entourage, ce qui est loin d’être représentatif de la majorité (Dieu soit loué), j’en conviens, mais qui me permet de constater que certains stéréotypes semblent avoir la couenne dure, d’autres moins.


Vous serez peut-être surpris d’entendre que pour certaines personnes, un serveur est plus approprié dans un grand restaurant tandis qu’une serveuse a sa place dans un établissement plus familial ou bas de gamme. J’ai toutefois le sentiment que cette perception est en voie de disparition. Je ne sais pas si cette tradition est toujours aussi présente en France, mais au Québec, on constate une grande évolution. Même chose dans les cuisines: un cuisinier est parfois perçu comme un chef prestigieux, tandis qu’une cuisinière roule des tartes dans sa cuisine ou fait des buffets de petites sandwichs-salade de patates. Pourtant, on voit beaucoup de femmes aux commandes de cuisines de restaurant et d’émissions culinaires. 


Pas besoin de feuilleter beaucoup de magazines féminins pour constater que les hommes ont une belle place sur les podiums internationaux. Être coiffeur serait peut-être plus prestigieux que coiffeuse ? La question est lancée. Par contre, un ami m’a confié que le terme coiffeur, pour lui, référait à un barbier. 
Que penser de cette phrase entendue récemment, d’un parent d’un jeune de douze ans : « Enfin, mon gars a un prof homme, il va enfin avoir de la discipline. Tsé un homme, ça se fait plus respecter. » C’est ce genre de perception qui me fait peur. Pourquoi ? Parce que si elle est énoncée devant les enfants, elle ne peut qu’entretenir le stéréotype de la femme faible, ayant de la difficulté à gérer ses émotions et par conséquent sa classe. 


Si on se fie à cette affirmation, un prof homme serait meilleur sur le plan de la gestion de classe. De même, il semble que les hommes qui enseignent au primaire soient une denrée rare : en plus d’enseigner différemment (mieux?), ils représentent une figure parentale plus ou moins présente dans certains foyers. Lorsque le père est absent, le prof homme doit-il courir à la rescousse? Non pas parce qu’il est compétent, mais bien parce que c’est un homme?


De même, après un sondage maison, les répondants considèrent que certains métiers devraient être réservés seulement aux femmes (éducatrice en CPE) et d’autres, seulement aux hommes (policier, pompier). Selon moi, l’égalité entre les sexes dans le travail demande d’aller au-delà des stéréotypes : une femme, c’est un être émotif, attentionné, patient, doux. Un homme, ça travaille physiquement, ça soulève de lourdes charges, c’est direct.


Nous avons la chance de vivre dans une société dans laquelle nous avons la liberté de choisir ce que nous voulons faire dans la vie. L’accès à l’éducation est (encore) possible pour tous, que l’on soit riche ou pauvre, homme ou femme. Nous pouvons faire un DEP en soudure, un DEC en éducation spécialisée, un baccalauréat en génie, en médecine, en éducation... Mon opinion est la suivante : dans la mesure où une personne répond aux conditions d’embauche et a la capacité de faire le travail, le sexe n’a absolument aucune importance. 


La Loi sur l’équité salariale est un pas-de-géant dans l’établissement de l’égalité entre les sexes sur le plan du travail, un pas qu’il était nécessaire de franchir. Par contre, un obstacle majeur demeure : nous. Nous sommes le principal obstacle à l’atteinte d’une réelle égalité. Lorsque nous penserons à l’extérieur des modèles traditionnels établis, nous pourrons peut-être changer l’image de l’homme et de la femme au travail, les sortir de leur enveloppe stéréotypée et accepter de les voir ailleurs que dans leur rôles traditionnels.

samedi 4 février 2012

Déjeuner à Québec


4 février 2012, 9 h 30 du matin. Je suis en train de déguster La frousse autour du monde, tome 3 de Bruno Blanchet. Les rayons du soleil entrent par la fenêtre de la cuisine et me font plisser les yeux quand je me tourne pour saisir mon bol de café. Un matin parfait. C'est aussi un matin spécial, parce que c'est l'anniversaire de Wray, mon ami, qui penche définitivement vers la quarantaine. Lentement, mais sûrement. Pourquoi mentionner ce détail ? Parce que désormais, nous ne fêtons plus nécessairement le soir, dans un bar, à se réveiller la bouche pâteuse avec les vêtements qui sentent la bière. Bien sûr, il arrive encore parfois que nous l'échappions (et c'est souvent aux Voûtes de Napoléon, allez savoir), mais c'est plus rare. La raison est fort simple, et je parle exclusivement pour moi, ce type de soirée me demande trois jours de repos pour redevenir la personne que je suis. C'est quand même une bonne raison, n'est-ce pas ? 
Samedi matin, anniversaire de Wray, nous allons donc célébrer la chose en déjeunant. Je raffole de ce repas de la journée: sucré, salé, pourvu qu'il y ait des cretons, telle est ma philosophie! Pour être absolument honnête, c'est le seul repas de la journée où j'ai vraiment faim. Aujourd'hui, plus besoin de se lever à l'heure des poules la fin de semaine pour trouver un resto où l'on accepte de faire des déjeuners passé 11 h. Cora, Tutti frutti, L'Oeuforie, Eggsquis... les restos spécialisés ne manquent pas. Comment s'y retrouver ? À mon avis, c'est un peu du pareil au même. Sauf... 


Sauf un petit endroit absolument divin. Un petit paradis de binerie à Québec. On peut passer devant sans même se rendre compte qu'il s'agit d'un restaurant, sauf durant la belle saison, où on sort des tables sur le trottoir. Vous l'avez peut-être deviné, il s'agit du Buffet de l’Antiquaire. Situé au 95, rue St-Paul, tout près du marché du Vieux-Port et de l’Espace 400e, ce petit resto sympa vous comblera. 


Si vous aimez déjeuner, voici de quoi saliver. Pensez à l’assiette québécoise: deux oeufs à votre goût (idéalement tournés), des patates rissolées (pas des patates congelées en cube, des pommes de terre cuites à l’eau « de la veille »), une vraie tranche de jambon bien rôtie, une saucisse juteuse, deux tranches de bacon bien croustillantes et salées, des fèves au lard fumantes et pour finir, une tranche de tomate posée sur une feuille de laitue iceberg. Le tout accompagné de rôties de ménage (il faut en commander deux...) et d’un extra creton. Je ne sais pas si les cretons sont faits maison, mais ils sont crémeux, gras à souhait et s’étendent sur les toasts d’une manière presque érotique. Wray et moi sommes d’accord: la seule bonne quantité de cretons que l’on peut mettre sur du pain est celle dans laquelle on peut voir sa trace de dents. Ouh, cochon!! (je bave un peu, je dois l'admettre et je n'ai même pas fini de le digérer...)


Il y a évidemment des gens avec la dent plus sucrée qui voudront se prévaloir d’une dose de glucose. Vous n’êtes définitivement pas en reste, puisque la maison offre, avec un léger supplément, un petit contenant de confitures de fraise maison, qui sont excellentes au goût, mais qui me semblent un peu trop « broyées ». J’aime bien croquer dans un morceau de fruit quand je mange des confitures. 


Évidemment, le Buffet de l’Antiquaire sert d’autres repas ; il ne s’agit pas d’un resto de déjeuners. Je n’y mais malheureusement pas très souvent, mais je sais que l’adresse se trouve dans plusieurs guides de voyage sur la Ville de Québec. Pourquoi ? Parce qu’on y sert des repas traditionnels québécois: pointe de tourtière, ragoût de patte, patates, légumes, betteraves, etc. Pour y être allée une fois sur l’heure du souper, je peux vous garantir que la soupe aux pois vaut définitivement le détour. 


Sur ce, je vais aller faire un peu d’exercice. Il ne faut pas se sentir coupable de bien déjeuner... mais si j’allais me coucher sur le divan, là, maintenant, je risquerais de me sentir encore pleine à 17h. Direction: patinoire de la Pointe aux Lièvres!

dimanche 22 janvier 2012

Peur et joie au Massif du Sud


Hier, j’ai fait ma confirmation de ski alpin. J’ai eu mon baptême il y a plus de 15 ans et à cette époque, je n’avais pas vraiment fait le choix de dévaler les pentes. Nous sommes partis de Quévillon tôt le matin, la vannette bleue de mon père remplie de jeunes plus ou moins conscients de ce qui allait les attendre. Cet aller-retour au Mont Vidéo, à Barraute, n’a pas qu’été une première expérience de ski, mais marque le moment où j’ai écouté François Pérusse pour la toute première fois. Nous avons écouté l’Album du Peuple, tome 2 sans arrêt (tapé sur une cassette). Pauvre papa... 


Je disais donc qu’il y a 15 ans, j’ai fait du ski alpin et qu’hier, j’ai rechaussé, non sans peine, des bottes de ski. Voici donc le récit de ma journée rocambolesque en 7 étapes distinctes. 


Première étape : Mettre les bottes. Parce que, disons-le, enfiler des bottes de ski demande une certaine adresse, mais surtout un mental de béton. Après trois minutes, j’avais pris une belle teinte « sauce rosée » et une crampe dans le mollet gauche. Mon ami Kevin, qui était mon guide (et mon ange) pour la journée m’a gentiment aidé à me calmer les nerfs, qui étaient déjà à fleur de peau. Pauvre Kevin...


Je ne suis habituellement pas hystérique, mais c’est parce que je m’organise pour garder un niveau de stress assez bas. De cette manière, j’évite de m’épancher en émotions diverses que je ne suis pas capable de contrôler. Hier, je suis définitivement sortie de ma zone de confiance. Totalement. Et pas question de reculer, quand on pense que j’ai passé 10 minutes à mettre les bottes... 


Je vous épargne le reste des préparatifs, parce que ça reste assez inintéressant. Tout ce que je voyais, c’était le sommet de la montagne. Le Massif du Sud, c’est une grosse montagne. Pas l'Himalaya, mais à côté du mont Vidéo, ça coupe le souffle. 


Deuxième étape : Se rendre au remonte-pente. Marcher avec des bottes de ski, ce n’est pas facile. Dans une côte, encore moins. Avec des skis et des bâtons, c’est in-ter-mi-na-ble. Mais on s’est rendus. Dans le fond, j’étais quand même contente que ça prenne autant de temps. De cette manière, je pouvais retarder le moment où j’allais atteindre le point de non-retour : être assise dans le remonte-pente. Oui, parce qu’après, il y a la descente. 


Troisième étape : S’asseoir dans le remonte-pente. Kevin m’a bien expliqué comment procéder. On s’approche de l’espèce de tourniquet, on attend que le siège avant nous passe, puis vite, vite, on avance pour être prêt à s’assoir. J’ai tout fait comme une grande. Comme j’avais arrêté de respirer depuis 2 minutes avant d’embarquer, une fois assise, j’ai eu besoin d’une bonne goulée d’air. J’avais une magnifique teinte « sauce à spag ». Mon dieu, j’étais dans le remonte-pente ! J’ai eu l’occasion, durant la première montée, de me calmer les nerfs en observant la magnifique nature. Un peu avant d’arriver au sommet, les arbres deviennent de plus en plus fournis, complètement enrobés de neige. Comme s’ils avaient enfilé des cotons ouatés blancs. Une forêt de fantômes. 


Quatrième étape : débarquer du remonte-pente. Oui, parce que tout ce qui monte, inévitablement, redescend. Je n’échappe pas à la règle. Petit peak de stress : et si je n’arrivais pas à débarquer? Et si je m’enfargeais dans mes skis et m’étalais de tout mon long, aplatissant par le fait même le peu d’orgueil qui reste? À ce moment précis, je me suis maudit de m’être mise dans une situation aussi inconfortable. Je pouvais être chez moi, à la chaleur, avec un livre. Non ! Je suis au sommet d’une montagne. Et là, sous les conseils de mon ami, j’ai descendu la petite butte sans tomber. 


Cinquième étape : Descendre la pente. Teinte « sauce arrabiata ». Nous avons choisi de faire la pente familiale. Je dis nous, car mon ami m’avait dit qu’il passerait la journée avec moi, dans le coin des petits (ce qui s’est avéré faux, les petits, ils torchent ! Et ils n’ont même pas de bâtons !) J’avais très naïvement imaginé qu’il partirait de son bord, dans le coin des casse-cou experts, que je descendrais (très gracieusement) la pente familiale, qu’on se rejoindrait en bas pour casser la croûte... Je ne sais pas à quoi je pensais. Dans mon souvenir, le ski alpin, ce n’était pas si dur. 


BEN NON. Ce N’EST PAS FACILE. 


Ceci dit, avec un peu de volonté et d’effort, on peut arriver à avoir du plaisir à descendre. Et une maudite chance que mon ami était avec moi. 
Pour :
  • m’aider à me relever
  • me redonner mes skis
  • me dire de regarder au loin parce que c’est magnifique, au lieu de regarder le bout de mes skis
  • replacer l’os qui pointe à travers ma jambe et faire un garrot
Mais non ! Je n’ai rien de cassé, je n’ai fait mal à personne. Bon, j’ai bien pris une belle fouille, mais il y a eu plus de peur que de mal. J’ai quand même réalisé que la plus grande peur, celle qui paralyse, qui pétrifie, celle-là, terrifiante, est uniquement produite par l’esprit. Ce n’est pas le vertige, la vue du bas de la pente, c’est le cerveau en entier qui se met en grève. Trop d’infos en même temps, trop de tâches à gérer, il cesse son « activité ». Pas médicalement parlant, bien sûr, mais j’ai tendance à penser que ce sont plutôt les nerfs qui prennent le relais. J’ai déjà lu quelque part qu’une mère, pour sauver son enfant, avait soulevé une voiture. C’est peut-être ce qui se passe quand les nerfs prennent le dessus. 


Sixième étape : On recommence ! On a fait 6 descentes durant notre journée et le soleil s’est montré le bout du nez en après-midi. La photo a été prise à ce moment. À couper le souffle... 


Je ne sais pas si je serai une adepte du ski dans les prochaines années. C’est un sport qui est quand même couteux (à ce sujet, merci mes amis pour le cadeau, comme vous avez pu le constater, j’ai beaucoup apprécié ma journée) et sans auto, ça rend le projet pas très réalisable. Toutefois, j’y retournerais avec plaisir ! (Wink, wink...)


Septième étape : Enlever les bottes. Re-crampe dans le mollet, broue dans le toupet, respiration saccadée, on pousse, on pousse... Enlever des bottes de ski, ce doit être comme accoucher. Sérieusement. 


Je confirme donc que je désire retourner sur les pentes, sentir le vent frais et la sensation de dévaler les pentes à toute vitesse (bon, ok, ici, le terme vitesse est très relatif... mais qu’importe!)


* Au moment d’écrire ces lignes, c’est à dire 24 heures après avoir accouché des bottes, j’ai mal aux mollets, aux chevilles, aux genoux, aux cuisses (en avant et en arrière) aux fesses, au dos, aux abdos, aux bras et aux mâchoires. Sans joke. Je souffre. 

vendredi 20 janvier 2012

Entendu dans la tête du Caribou...

La question du jour est la suivante: «Comment transformer du négatif en positif?»

- En math, deux négatifs ensembles, ça fait du positif.
- Ouais, t'es sur?
- Heu, je sais plus... Les math 436 ne s'appellent même plus comme ça. Et moi, c'est les lettres, ma force. Du moins, c'est ce qu'il y a sur mon diplôme d'université.
- T'es pas assez sur. Ce n'est pas une solution envisageable. Quoi d'autre?
- Thérapie aux électrochocs?
- Non, trop violent. Pour moi, je veux dire. Faudrait que ce soit l'autre individu qui reçoive les électrochocs pour que je sois satisfaite.
- Ça concerne donc des gens, ta question?
- Oui, en effet. Je précise: comment transformer l'énergie négative d'une personne en réaction positive de ma part. Parce que là, j'ai juste envie de planter un crayon dans une efface.
- Ouh, belle image!
- Merci! Techniquement, si j'étais un Calinours, c'est ce que je ferais de mieux dans la vie. Tsé, transformer du négatif en un arc-en-ciel de positivisme.
- Tu serais quel Calinours?
- Celui avec le trèfle à quatre feuilles. Pour l'Irlande... C'est bien beau ces belles images, mais ça règle pas mon problème.
- Ouin, pour revenir à ta question... Tu peux manger tes émotions! Mmmm une bonne poutine...
- Eille, la grandeur de mes culottes a prouvé que cette technique est efficace, mais qu'elle amène un autre problème, hum, de taille. La bourre dans le bourrelet. Alors, pas de poutine.
- Ok, un problème à la fois... et essuie la bave qui coule le long de ta bouche. Merci. Tu peux t'exprimer sur un blogue, ça pourrait faire sortir le méchant.
- C'est vrai, le temps d'écrire, on se concentre plus sur les mots, la syntaxe, le style que sur l’évènement en soi. Détourner son attention du problème. Ça semble être une solution gagnante!
- Oui, parce qu'en plus d'être non-violente, elle est gratuite, sans calorie et relativement facile.

Eille les jeunes et les moins jeunes! Au lieu de vous battre à coup de pelle dans la face, de faire mal à des petits animaux et de tuer des effaces, écrivez dans un blogue!


mercredi 18 janvier 2012

Pas encore une BD? Oui! Et des confessions!

Lorsque j'ai écrit mon dernier texte, j'ai complètement oublié de vous parler d'une BD en ligne absolument fabuleuse: Les autres gens http://www.lesautresgens.com/spip.php?page=sommaire&hz=1326908306

J'ai toujours été mordue de séries littéraires. Mes premiers coups de coeur ont été les Schtroumps, Boule et Bill, Mafalda... Plus tard, j'ai dévoré des sagas de famille, toutes aussi troublées les unes des autres. Je pense ici à la trilogie de Marie Laberge (Gabrielle etc...) et à La série Fleurs captives de Virginia C. Andrews. (Il n'y a pas de mal à lire de tout. On finit par discerner le bon du moins bon avec le temps et nos goûts changent! Une chance...)

Tout ça pour dire que ma soeur, BD «addict» (ahah, mon correcteur me suggère de substituer ce mot par ''toxicomane''), m'a abonnée à la BD en ligne mentionnée plus haut. Ça s'appelle Les autres gens, c'est français, c'est tragique et drôle et ça rend dépendant! Ou toxicomane, comme ma soeur.

Le concept? Une histoire, racontée sous forme de feuilleton, publiée cinq jours par semaine. Généralement écrite par Thomas Cadène, l'histoire est illustrée par plusieurs bédéistes. Une cinquantaine, ce qui fait que chaque épisode est visuellement très différent du précédent et du suivant. Mon préféré est Vincent Sorel, avec ses illustrations au crayon de couleur.

Les personnages sont nombreux, mais gravitent essentiellement autour de Mathilde Islematy, qui, au tout début de la série, aide un inconnu, Hippolyte, à choisir des numéros de loto. Il lui promet de lui donner la moitié du 60 000 000 d'euros s'il gagne. Il gagne et tient sa promesse. Au fil des épisodes, on apprend à découvrir les potes de Mathilde: Camille, Arnaud, Manu, ses parents Henri et Irène, son frère Romain et Kader, son conjoint. Leurs voisins, leurs cousins. L'univers d'Hippolyte est aussi narré avec style, avec l'impitoyable famille Offman.

Je suis abonnée pour une année, mais avant d'attendre la suite de l'histoire tous les matins, je lis les aventures dès le début. Pour ceux qui ne sont pas intéressés à lire une BD en ligne, vous pouvez aussi l'acheter ou l'emprunter en format album! Oui, depuis le printemps dernier, cinq albums de Les autres gens ont été imprimés.

Sur ce, allez lire!

****

Mercredi confession

- Je juge les filles qui se dessinent un trait de crayon blanc le long des cils de la paupière supérieure. À part si c'est l'Halloween ou le Pinch of love. Pour faire un lien avec la thématique actuelle, on peut consulter la majorité des magazines de mode gratuitement dans les bibliothèque. Au pire, lisez-les au dépanneur... Mais lisez-les!

- Je juge les gens qui utilisent l'expression «sua coche». Ça ne veut rien dire et ça fait douchebag! Il n'y a personne qui, volontairement, désire avoir l'air douchebag. Tenez-vous le pour dit. Remarquez que je me juge à chaque fois que je dis «Cool», et je le dis souvent. Mais moi, je n'ai pas l'air douchebag.

lundi 16 janvier 2012

Le grand retour!

À la demande générale, le Cariboo est de retour!

Qu'ai-je fait durant cette longue absence? Des voyages? Du tricot? Des sorties? En fait, toutes ces réponses sont bonnes. Qu'est-ce qui fait qu'il reprenne l'écriture? C'est en forgeant qu'on devient forgeron; c'est en écrivant qu'on devient... pas une écrivaine, ce serait me mettre beaucoup de pression, mais c'est en écrivant qu'on met de l'ordre dans ses idées!

Voici donc mes plus récentes découvertes sur le plan littéraire: la bande dessinée! Oubliée de puis des lustres, ma bibliothécaire de soeur m'a suggéré quelques titres.

Zviane: Pain de viande et dissonances de même que Le bestiaire des fruits. Hilarant et ludique, ce dernier est aussi éducatif! Connaissez-vous le tamarin, le mangoustan et le pitahaya? http://zviane.com/

Michel Rabagliati: Vous connaissez peut-être le fameux Paul. J'apprends à le connaître en dévorant actuellement Paul dans le métro, séries de courtes histoires se déroulant à diverses époques de la vie du protagoniste. Un must! http://www.michelrabagliati.com/Bienvenue.html

À bien y penser, je pourrais tout à fait relire les Mafalda... Il est fort probable que j'y trouverais autant de plaisir qu'il y a 20 ans! Même chose pour les Astérix et les Tintins. L'avantage avec les BD, c'est que ça se lit rapidement. Quand on lit peu, c'est un excellent début. Quand on lit beaucoup, je pense que la BD casse le rythme. En tout cas, l'essentiel, c'est de lire!

***

Mon amie Andrée, source inépuisable d'idées-lecture, m'a parlé du site Babélio http://www.babelio.com/. Il s'agit d'un lieu où on peut créer sa propre bibliothèque virtuelle, en y ajoutant les livres qu'on a lus, qu'on est en train de lire, qu'on veut lire. C'est pratique quand on lit beaucoup et qu'on perd le fil. Sans blague, des fois, j'oublie carrément ce que j'ai lu! C'est probablement un signe que c'était moyen, mais désormais, je peux classer la totalité de ces ouvrages dans un seul endroit!

Autre côté pratique, on peut y inscrire des critiques, lire les critiques des autres internautes, des citations, etc. L'énorme avantage, c'est qu'il y a plein de suggestions! Parce que oui, parfois, je ne sais plus quoi lire.

À cet effet, j'utilise beaucoup le service de réservation en ligne du réseau de bibliothèque de la Ville de Québec. Quand j'ai une idée de livre, je le réserve. Bon, je suis la 185e en liste pour «Au pire, on se mariera» de Sophie Bienvenu, mais en général, on n'a pas à attendre très longtemps. Quand le livre est arrivé, on reçoit un courriel et hop, on passe le chercher! C'est simple comme bonjour! Vous pouvez même faire expédier le livre dans la bibliothèque de votre choix. Presque du service à domicile. pour quoi s'en passer? Ah oui, au fait, c'est gratuit, en plus. J'aimerais bien acheter plus de livres, par exemple à la Librairie Pantoute http://www.librairiepantoute.com/, mais que voulez-vous... il faut bien manger!

Quel livre apporteriez-vous sur une île déserte? Moi, c'est «Dieu et nous seuls pouvons» de Michel Folco. Inspirez-moi!