samedi 13 octobre 2012

«La brosse du siècle» avec introduction de l'auteure


Ça fait un bail que je n’ai pas écrit. On dirait que ça me fait peur de me mettre au clavier pour écrire quelque chose de personnel. Comme si n’importe quel quidam pouvait, à la lecture de mes modestes textes, percer ma carapace. Ça m’effraie de penser qu’au fil des mots qui entrent dans le cerveau du lecteur par les yeux, ces mots puissent se transforment en autant de petits marteaux attaquant la surface lisse de mon armure, révélant ainsi des zones tendres et fragiles. 

Des exemples ? Je ne voudrais pas que le lecteur devine, à travers l’explication d’une recette de sauté de tofu et de choux de Bruxelles, que je m’ennuie de ma mère quand je sors son wok électrique. La vue du grand couvercle rouge en aluminium, qu’on prenait pour un chapeau de chinois, me fait monter les larmes aux yeux. 

Je ne voudrais pas que le lecteur devine, en lisant une histoire de mon cru, qu’il s’agit de ma vie et qu’il se permette de me juger. Pourtant, au nombre de fois où je sors habillée comme la chienne à Jacques, on peut supposer que je me fous de ce que les gens pensent. Non, il semble que dans ma petite tête, ça ne s’applique pas à ce qui sort de mon esprit. C’est pourquoi je préfère raconter les aventures des autres, les exagérer, les embellir ou les enlaidir, c’est selon. 

La brosse du siècle

J’ai des amis qui sont sortis, un soir dans un bar, et qui ont été entraînés dans le cercle infernal des shooters. On en prend un, pour se mettre dedans, on se challenge, on devient de moins en moins capable de se contrôler, on devient de plus en plus toton... Ça arrive parfois de perdre les pédales et le contrôle, il faut l’assumer. Mais pour eux, l’aventure a véritablement commencé le lendemain matin. Il se sont réveillés dans leur lit respectif, en t-shirt et en bobettes, avec une gueule de bois grosse comme la Terre et une soif de cheval. Les amis, colocs, ont émergé d’un sommeil léger et brumeux à la même heure, sont sortis de leur chambre avec les mêmes points d’interrogation dans les yeux, se demandant ce qui s’était passé. Aucun des deux n’avait souvenir de la veille (en fait, leurs souvenirs devenaient dangereusement flous à «Moé, je t’aime en crissssss.... Chin-chin.». 

Afin de se remémorer leurs faits et gestes de la veille, ils se sont dit qu’il fallait trouver des indices. Premier en droit à inspecter, se dirent les deux Colombos, c’est les poches de jeans et la sacoche. Ils avaient ainsi pour objectif de retracer les achats qu’ils avaient faits sur les coupons de caisse et relevés de transaction. Le premier a retrouvé son porte-monnaie dans la poche, avec dix dollars en moins que le montant avec lequel il était parti pour la gloire. C’est donc à dire que ce n’était pas lui qui avait payée les nombreuses, voire incalculables tournées. De son côté, la propriétaire de la sacoche a cherché en vain, sans trouver ladite chose. En plus de ne pas savoir ce qu’ils avaient achetés la veille, ni de quelle manière ils étaient rentrés (la course de taxi coûte normalement plus de dix dollars), la sacoche était disparue. Dieu sait quels objets s’y trouaient, mais la crise fut monumentale. 

L’ami, voyant son amie en pleine détresse, eut une idée de génie: appeler le propriétaire du bar, un de leurs copains. Normalement, cette idée aurait surgi plus rapidement, mais disons seulement qu’ils ont eu de la difficulté à faire fonctionner le grille-pain ce matin-là... À partir de ce moment, un rayon de soleil illumina un coin de leurs cerveaux embrouillés. Oui, la sacoche était restée au bar, elle était en sécurité. Ils prirent donc une douche, plusieurs cafés, plusieurs verres d’eau, leur courage à deux mains et se rendirent sur les lieux de leur débauche. En auto ? J’en doute, leur taux d’alcool était encore trop élevé pour qu’aucun d’entre eux ne puisse prendre le volant. Ils allèrent donc au bar en autobus.

Après un voyage d’une heure dans le cul d’un autobus accordéon, ils saluèrent leur copain sauveur avec un petit sourire, le visage blême teinté de rouge, le rouge de la honte. Le sauveur de la sacoche, lui, les accueillit avec un grand sourire et un bill de 300 $. Et la vérité sur ce qui se passa la veille. 

Il appert que la veille, il ne s’était pas passé grand-chose: ils étaient restés au bar durant une heure, avaient bu chacun pour cent cinquante dollars de shooters et étaient repartis, non pas comme ils étaient arrivés, mais en zigzaguant, ronds comme des soucoupes.

Bien que cette histoire se termine sans conséquence majeure, excepté une capacité d’attention diminuée d’un côté et un dégoût profond de la téquila pour l’autre, le mystère du retour subsiste encore aujourd’hui. Nul ne sait comment ils sont rentrés et personne ne le saura jamais. 

mardi 17 juillet 2012

Panier bio - semaine 3 (10 juillet 2012)


C'est le retour du mardi-légumes ! Au menu : basilic-lime, cresson, ail, poivron vert, tomate, brocoli, concombre. Le défi de la semaine? Bette à carde et chou-rave.
Cette semaine, j’ai eu mon premier vrai défi de l’été : cuisiner des légumes dont la vue ne m’inspirait absolument rien. Même pas un nom ! Je pensais être une experte en légumes, mais le chou-rave m’a laissée perplexe, malgré sa belle couleur mauve. Après quelques clics de souris, j’ai appris que ça se mange cru râpé. Ou cuit. Mais connaissant ma paresse légendaire, j’ai décidé de le passer au saladaco (si vous ne connaissez pas cet instrument, sachez que tout paresseux se doit d'en posséder un. Ça tranche les légumes durs telle que la carotte, la bettrave et le navet, en fils minces. Après quelques tours de manivelle, vous êtes prêts à garrocher le tout dans une salade ou un sauté.) Ce ne fut malheureusement pas la meilleure décision, car il s’est plus effouèré que coupé en fins spaghettis. Je l’ai quand même dégusté dans une salade de pommes de terre (semaine 1, photo ci-contre) à laquelle j’ai ajouté le brocoli, blanchi 2 minutes, et autres légumes et herbes finement ciselées. Le goût frais et un peu piquant du chou-rave a donné du pep à cette salade, mais le côté juteux du légume a fait en sorte de mouiller la salade un peu trop à mon goût. 
Ma réussite culinaire de la semaine a toutefois été le saumon en robe de bette à carde. Ricardo a été mon mentor, Blondie ma goûteuse. Je suis très fière de mon plat, même s’il faisait un peu chaud pour cuisiner (plus de 30 degrés dans mon appart). Le petit pinot grigio nous a toutefois permis de supporter la canicule. 



De son côté, Wray a transformé ses tiges de bettes à carde en une sublime version de cigares au chou. Il a aussi créé une magnifique salade de légumineuses avec tous ce qui restait. Wray est un des seuls êtres que je connais à pouvoir faire des plats qui ont de la gueule avec des fonds de frigidaire. Chapeau, mon ami. Tu ne perds pas la main ! Voici quelques clichés pour le prouver. 

 

Panier bio - semaine 2 (3 juillet 2012)


Cette semaine dans le panier : fraises, laitue, tomates, concombres, radis chinois, fleur d'ail, bok choy. Et du basilic, plein de basilic !
Ça sentait bon dans l’auto sur le chemin du retour. Contrairement à la semaine dernière, le beau temps était de la partie et le trafic, moins lourd. 
J’ai mangé la majorité des légumes en salade, car je suis paresseuse. Oui, vous avez bien lu ! Depuis que j’habite seule, je souffre d’un mal quasi incurable : l’incapacité à mitonner de bons petits plats sans faire les coins ronds et inévitablement finir par m’assoir devant une bouillie immonde. En ne cuisant pas les légumes, on garde au moins le croquant. En ajoutant une canne de thon, on complète le tout avec des protéines bon marché. 
La solution à mon problème est simplissime : cuisiner pour quelqu’un. Ça tombe bien que j’aborde la question, puisqu’il est temps que j’introduise un nouveau personnage dans mes aventures : Mignon. Oui, oui ! Comme le filet : tendre et précieux. Disons donc les choses ainsi : j’ai parfois un invité spécial à la maison, ce qui me motive donc à expérimenter de nouvelles recettes. 
Cette semaine, j’ai joué la carte de la simplicité en concoctant des pâtes au pesto et tofu et sa tombée de champignons et bok choy. Simple et délicieux !