
Jour 11 - 30 septembre
Je pars à la découverte de Belfast ce matin. Le plan: marcher jusqu'à la rivière Lagan, visiter l'Hôtel de ville et prendre un tour de Taxi noir.
Avant toute chose, Blondie et moi avons besoin de nous alimenter. Et par ''alimenter'' je veux dire ingérer des protéines. Un autre full Irish breakfast s'impose donc.
Nous partons donc à la recherche d'un resto qui offre ce type de mets. Nous marchons, encore et encore... sans trouver. Il y a bien des petits stands qui offrent des breakfast roll, mais nous voulons nous asseoir, nous faire servir et manger avec des ustensiles dans une assiette. Après presque une heure de marche, nous n'en pouvons plus. Nous arrêtons donc dans une chaîne de cafés pour acheter un panini-déjeuner. C'est mieux que rien. C'est une sandwich au bacon et aux saucisses avec de la mayo. Épouvantable, pensez-vous? Délicieux, vous répond-je.
Après notre déjeuner et un café bien mérité, nous amrcheons vers la rivière. En chemin, nous voyons un clock tower érigé en l'honneur du Pince Albert et juste à côté, une toilette payante auto-nettoyante. Le café est pratique pour se réveiller, mais il provoque inévitablement des envies subites, du moins dans mon cas. J'ai donc intéré 20 pences dans la machine et j'ai essayé la toilette... Tout parle là-dedans! Et tout fonctionnement avec des ''yeux''magiques. Si on veut du papier, on place la main dans l'espace réservé à cet effet et le papier se déroule. Même chose pour le savon, l'eau et le papier à main. En tout cas, belle expérience...
En nous approchant du Big fish, nous voyons une annonce qui attire notre attention: The World's only Titanic boat tour. Pour 10£, nous pouvons voguer sur la rivière en écoutant l'histoire du Titanic? Excellente idée. Nous prenons place dans le bateau et commençons le tour. Le guide nous apprend tout ce qu'il y a à avoir à propos du Titanic, de sa conception, sa construction à son lancement. Le reste de l'histoire, vous le connaissez. Je ne savais pas que les Irlandais avaient, jusqu'à tout récemment, ressenti une énorme honte par rapport au naufrage. En fait, il semble que le sujet ait été tabou jusqu'à tout récemment. Peut-être que le fameux film a fait en sorte de démystifier le tout, mais aujourd'hui, les gens ont envie de faire connaître l'histoire de la création du célèbre bateau, car après tout, it seems the she was alright when she left here. Il semblerait que ce sont les constructeurs et concepteurs ont été blâmés pour le naufrage et qu'aucune responsabilité n'ait été attribuée au capitaine, qui était écossais. Ceci dit, j'ai senti beaucoup de fierté dans la voix de notre guide, mais d'une manière libératrice, ce qui est logique puisque personne ne pouvait en parler...
Après cette visite, nous nous sommes dirigées vers l'Hôtel de ville, en faisant un crochet par la cathédrale Ste-Anne et le War Museum. Belle journée, il fait encore super beau, nous marchons, nous sommes heureuses. L'Hôtel de ville de Belfast est magnifique, les vitraux qui ornent les fenêtres racontent l'histoire de la ville... le Titanic, la famine, les grèves.
Nous terminons cette journée de découvertes par l'activité que j'attendais avec impatience: le Black cab tour. Pourquoi? Parce que j'avais hâte d'en apprendre davantage sur le conflit qui a déchiré Belfast, qui la déchire encore, même si les bombes n'explosent plus.
Notre guide, Norman, nous amène dans les quartiers protestants et catholique afin que nous puissions voir les murales qui ornent les murs et le peace wall. Un mur qui sépare deux quartiers distincts, en 2010? Oui, et c'est une chose que j'ignorais. Lui-même catholique, il nous raconte toute l'histoire. Je ne peux m'empêcher de me demander si des guides protestants offrent une vision complètement différente de la chose... Norman nous montre des murales peintes à la mémoire des personnes assassinées durant le conflit, en grande partie des catholiques qui ont été assassinés dans leur lit, qui ont péri à la suite de blessures diverses. Il en connaissait personnellement plusieurs d'entre eux. Je suis surprise d'apprendre qu'avant la révolte de 1969, il était impossible pour les hommes catholiques de trouver du travail à Belfast, ni même de voter. Afin d'assurer un revenu familial, leurs femmes travaillaient dans des usines où les conditions étaient très difficiles. On peut comprendre qu'ils se soient révoltés... Comme nous l'a dit notre guide, la situation devait exploser un jour ou l'autre. Pour faire valoir leurs droits, des hommes sont morts après avoir fait la grève de la faim. Ils ne sont pas mort de faim, non, mais ont été étouffés parce que leurs gardiens de prison les gavaient de force.
J'énumère ici des faits, ceux qui me reviennent en mémoire, de manière aléatoire, car je ne m'y connais pas assez en la matière. Ce qui me vient en tête cependant, c'est que la religion, lorsque mêlée à la politique, ne peut que créer des conflits.
Après cette visite riche en émotions, nous sommes allées souper et avons refait nos sacs, parce que demain, à la première heure, nous prenons un vol pour Glasgow. Notre périple irlandais se termine donc ainsi. Je me demande sincèrement ce que l'Écosse peut m'apporter de plus... Au départ, lorsque nous avons commencé à planifier ce voyage, l'Irlande m'attirait beaucoup, tandis que Blondie penchait pour l'Écosse. Nous voulions faire le tour de l'Irlande, visiter Cork, Limerick, Dingle... Nous avons dû ajuster nos désirs avec la réalité qui s'est imposée à nous dès le début: nous sommes à pied, nous voulons passer du bon temps et surtout, ne pas être toujours à la course. Surtout ça. Nous avons donc pris la décision de nous restreindre à Dublin, Galway et Belfast.
Il va falloir que je revienne en Irlande. Je n'ai pas de regrets, mais j'ai le sentiment qu'il y a encore plusieurs trésors à découvrir sur cette île.
Pour le moment, regardons en avant. Let's go to Scotland!!
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