mercredi 17 novembre 2010

Highlands, here I come!


Jour 15, 4 octobre 2010

Enfin, je pars ce matin pour les Highlands! Après avoir été étonnée par Glasgow, éblouie par Edinburgh, serais-je flabergastée par les Highlands? C'est ce que nous verrons au cours des prochains jours. Avant de commencer le récit des aventures de Blondie et du Caribou, j'aimerais vous parler de la compagnie avec laquelle nous partons. Il s'agit de MacBackpackers Tours of Scotland. Pour la modique somme de 125 livres, nous avons droit à cinq jours de voyage à travers l'Écosse, avec un guide qui nous conduit sur les routes de son pays, tout en nous racontant son histoire. Vous êtes sceptiques à l'idée de prendre un tour guidé? Il ne s'agit pas ici d'un tour de bus guidé destiné aux personnes du troisième âge (ne le prenez pas mal, amis plus âgés, mais c'est la vérité). Parcourir une distance de 3 heures peut prendre, avec MacBackbackers, 11 heures, car nous arrêtons partout, visitons des endroits inédits et pas toujours facilement accessible. Voilà.

Nous attendons à l'extérieur du Castle Rock Hostel, il est 10 heures, et nous trépignons d'impatience. Nous faisons connaissance avec les personnes avec qui nous passerons les 5 prochains jours: Ben et Sam, deux Australiens et frères, qui passent leur temps à s'asticoter. L'Australie est aussi représentée par Kerren, qui partageait notre dortoir la veille, et Raymond, un étrange mec aux lunettes et chapeau noirs, jeans mauves, et immense Cannon pendu au cou. Nous avons aussi 3 nouveaux amis néo-zélandais: Rebecca et Rosie, qui voyagent en travaillent ici et là en Europe depuis un petit bout, et Murray, le doyen, qui a fait un crochet en Écosse avant d'aller conduire un yacht de luxe en Floride. Évidemment, il y a des américains: Joe, connu sous le nom de GI Joe, qui arrive d'Irak, Tate, de la Californie et John, de New York/Corée (!?). Il y a aussi Nalita, de l'Afrique du Sud, qui travaille en Écosse, Lapo, de Rome, qui ne parle pas beaucoup anglais mais qui, lui aussi, a un big appareil photo. Finalement, il y a un couple de chinois, dont je ne rappelle pas le nom, car je ne leur ai malheureusement pas beaucoup parlé. Et puis, il y a nous, les fake canadian. Parce que l'anglais n'est pas notre langue maternelle. Haha. On a pas le temps pour une leçon d'histoire québécoise, et il y a beaucoup d'autres choses à découvrir ici!

Nous attentions que notre guide arrive, en nous demandant avec quelle personne nous aurions l'honneur de passer la semaine. Et voici le bus qui arrive. Et qui en sort? Notre guide, Hamish, portant un coton ouaté et un kilt à motif d'armée, des bas de laine et des grosses bottes. Yé!! On part!

Nous prenons la route M90 puis l'A9 en direction de notre premier arrêt, Dunkeld. Nous faisons le plein de sandwich et de café et nous marchons dans ce joli petit village. Ça sent bon la nature, mais le temps commence à être frisquet! Nous reprenons la route, tandis que Hamish nous raconte des histoire sur l'Écosse et ses habitants. Nous faisons un autre arrêt en chemin afin de faire une wee walk in the woods, là où des troupes anglaises ont affrontées des Écossais hirsutes et en beau sacrament! Je pourrais vous raconter toutes ces histoires, mais je vous encourage fortement à vivre ce type d'aventure par vous-même. Hamish est assez verbomoteur et j'ai préféré écouter ses histoires que prendre des notes... Laissez-moi quand même tenter de décrire la beauté de paysage.

Quand j'ai vu les Highlands, j'ai eu un choc. Tant de montagnes, oranges et dénuées d'arbres. hautes, mais arrondies, crevassées, mais qui semblaient d'une douceur... Nous roulons entre deux d'entres elles, la vue est splendide, nous n'avons pas assez de nos deux yeux pour tout voir! J'ai manqué l'automne québécois et ses couleurs, mais je peux vous affirmer que l'automne en Écosse, c'est magistral! Hamish stationne le bus souvent, nous sortons pour prendre des photos, prendre une puff, placoter. C'est relax et on aime ça de même!

Nous continuons notre route. Plus on roule vers le nord, plus c'est beau et grand. On visite le Highland Folk Museum, où nous avons l'occasion de nous familiariser avec le way-of-life traditionnel écossais. Ensuite, arrêt au Balnuaran of Clava, endroit mystérieux datant de l'ère de bronze regroupant trois chambres funéraires.

Nous terminons cette journée par une ''attraction'' très populaire: le Loch Ness (photo). Nous faisons une pause sur le bord du lac, les rayons du soleil qui commence à descendre brillant à sa surface. Pas le temps de s'extasier ni d'écrire des poèmes sur la beauté des lieux, nos comparses vont se baigner! L'eau est à 4 degrés, it's a no-no for me, mais je les envie d'être si jeunes et fougeux... Anyway, je n'ai pas de maillot de bain, alors même si j'avais voulu... Belle défaite!

Nous nous installons dans nos hôtel d'Inverness, un très joli endroit bien sympathique appelé The Inverness Student Hostel, où nous rencontrons Annie, une infirmière québécoise pratiquant en Suisse, qui profite de tous ses congés pour voyager à travers l'Europe. Blondie est contente de s'exprimer dans sa langue maternelle avec une autre personne que moi. On ne se chicane pas, mais disons que je peux comprendre que de communiquer avec quelqu'un de façon fluide est vraiment agréable!

C'est avec tout plein de belles images que je me couche ce soir là. Tant de paysages, d'histoires, de personnes... Cette aventure est extraordinaire et, sans vouloir gâcher le moment, je me dis que le temps passe vite et que le temps de le dire, je serai de retour. Je chasse cette idée rapidement. Profitons du moment!

jeudi 4 novembre 2010

Journée parfaite à Edinburgh



Jour 14 - 3 octobre

Comme le déjeuner offert au Castel Rock hostel coûte 1,50 pounds et qu'il n'y a rien de bien intéressant sur le menu (petits pains, céréales, lait et jus, mais au moins il y a du Nutella), nous avons décidé de nous payer la traite: full Scottish breakfast! Le déjeuner est mon repas préféré, parce que c'est le seul moment de la journée où je mange quand j'ai vraiment faim. Dieu que la bouffe est bonne quand on a faim! Et les déjeuners full protéinés du Royaume uni sont absolument délectables, sauf pour les végétariens, qui se ramassent avec des haricots à la tomate. Mais je ne suis pas végétarienne alors voici ce que j'ai commandé: oeufs, bacon, saucisse, black pudding, haricots à la tomate, toasts, et le dernier élément, mais non le moindre, un beau morceau de haggis. Ce qui est pratique avec un déjeuner de la sorte, c'est qu'on n'a pas besoin de remanger, même pour souper... Blondie, peu attirée par mon choix, a opté pour deux oeufs tournés bacon. Le tout accompagné de café, qui était très buvable, contrairement à bien des endroit où cette boisson était franchement dégueulasse. Je ne chialerai point sur ce fait, car si je voulais boire du bon café en tout temps, je n'avais qu'à aller me faire voir en Italie...

Après ce copieux repas, nous nous sommes rendues au meeting point du tour de ville à pied qui partait à 11h. Allan, notre guide était super! Pendant trois heures, il nous a promenés d'un bout à l'autre de la vieille ville en nous racontant des histoires sanguinolentes, scabrantes, étonnantes sur la ville d'Edinburgh. Nous avons pu nous abreuver à ses paroles à propos des formations rocheuses qui ont créé le site où la ville a été établie. Il nous a raconté l'histoire du Heart of Midlothian, seul endroit de la ville où l'on peut cracher. C'est à cet endroit qu'existant une toolbooth où les gens étaient ''invités'' à payer leurs taxes, qui étaient envoyées à Londres. Les gens avaient pris l'habitude de cracher sur la porte de ce bâtiment pour marquer leur haine de cette pratique. La tour n'existe plus aujourd'hui, mais le coeur qui est imbriqué dans le pavé demeure, et Blondie a bruyamment craché dessus, en signe de solidarité. À ce moment, elle est apparu dans toute sa splendeur!

Tout près de là se trouve une statue de Charles 1e, sur un cheval. À l'époque, c'est-à-dire dans les environs du 16e siècle (je suis désolée de mon imprécision), Edinburgh était en pleine expansion et il était de bon ton de trouver des liens avec la Grèce antique pour se donner une fière allure et un bon nom. Donc, Charles, qui n'était pas très grand, a décidé de se faire représenter vêtu en un Romain célèbre, Jules César. À cause de sa petitesse, il a cru que ce serait une bonne idée de ''s'édifier'' assis sur un cheval et de donner cette oeuvre aux habitants de la ville, en cadeau. Le cheval a été sculpté beaucoup plus petit que lui, ce qui a fait que les habitant, au lieu de le vénérer, se demandaient pourquoi le roi Charles avait un âne pour monture. De plus, comme il avait une couronne, la pluie, fréquente en ces contrées, a fait en sorte que la couronne se remplissait d'eau et que, comme la statue était faite d'un métal malléable, ladite couronne s'enfonçait sur sa tête. Les gens étaient encore plus pensifs. Pourquoi le roi avait-il décidé de leur donner une statut de lui-même, monté sur un âne, avec une couronne qui lui écrasait la tête? Pis encore, les ''ingénieurs'' avaient décidé de régler le problème de l'eau qui s'accumule sur la tête du roi en pratiquant un canal qui draînerait l'eau de la tête... jusqu'au derrière du cheval. Finalement, le roi Charles 1e a donné en cadeau à son peuple une statue le représentant monté sur un âne qui pisse continuellement, avec une tête écrasée.

Après d'autres histoires, nous sommes arrivés au Grassmarket, ancien lieu où le marché des animaux avait lieu. C'est aussi là qu'à eu lieu de nombreuses pendaisons, dont une centaine d'hommes, considérés comme des Jacobites (pour faire une longue histoire courte, mais passionnante, des partisans du Roi James, qui désiraient que les Stuarts reprennent le pouvoir en Écosse). On dit que les 100 hommes ont été pendus là en une journée, c'est à dire un à toutes les sept minutes. C'est aussi au Grassmarket que notre guide nous a raconté l'histoire de Burke et Hare, deux Irlandais qui sont devenus célèbres à cause de leur ''métier'' de déterreurs de corps. Il semblerait qu'un film sur le sujet sortirait bientôt. J'irai très certainement le voir! Désolée, c'est en anglais...

Nous sommes ensuite allés visiter le cimetière de l'Église de Greyfriars, où se trouve l'imposant Black Mausoleum, qui serait soi-disant hanté par son principal ''habitant'' Georges MacKenzie, le Lod advocate qui a fait pendre la majorité des Jacobites, mais qui les a aussi persécuté et torturés. Cet endroit est dans les plus hantés d'Edinburgh. Sur une note plus joyeuse, ce cimetière a un autre habitant presqu'aussi célèbre: Bobby. Bobby était le chien du jardinier de l'endroit, qui deux ans après avoir l'animal avec lui, est décédé de la tuberculose. Rien de vraiment notable, si ce n'est que Bobby est venu s'assoir sur la tombe de son maître à tous les jours... durant les 14 années suivantes, en fait jusqu'à sa mort. Bobby n'est pas enterré dans le cimetière, car il n'était obviously pas chrétien, mais une statue de l'animal est érigée tout près de l'entrée. D'une certaine manière, il veille toujours sur son maître. Fait à souligner, les gens déposent encore aujourd'hui de la nourriture pour chien, des jouets et des bâtons là où une plaque est apposée en son honneur.

Nous continuons la visite avec l'histoire rocambolesque de Deacon Brodie. Au 18e siècle, William Brodie était un important notable d'Edinburgh. Son métier était de construire et de réparer des meubles, mais il était surtout un dirigeant influent de la ville. Il était marié, mais il avait un net penchant pour les femmes. Il entretenait donc deux maîtresses. Avec le temps, cette triple vie a commencé à être coûteuse et il a commencé à voler les gens pour lesquels il travaillaient, puisqu'il possédait les clefs de leurs demeures. Les affaires marchaient très bien, mais au fil du temps, les personnes qui voyaient leur biens et économies disparaître de manière mystérieuses ont commencé à se poser des questions et ont émis l'hypothèse que le voleur était un fantôme, puisqu'aucune trace de délit n'était jamais retrouvé. Un comité a donc été formé, dans l'espoir de pincer le voleur. Deacon Brodie était le chef de ce comité et le dirigeait toujours vers de mauvaises pistes. Comme il n'était pas totalement dupe, il était conscient que ce manège devait cesser. Il a décidé de faire un dernier grand coup: voler les taxes destinées à Londres. Avec son groupe d'acolytes, il s'est rendu au Cannongate et tout se déroulait bien jusqu'à ce qu'un de ses hommes ''s'enfarge'' et fasse tomber son butin, qui a bruyamment tombé par terre, alertant les forces de l'ordre. Il a bien sûr été capturé et a rapidement vendu ses comparses, tous, sauf Deacon Brodie. Il se disait que l'influent homme le sortirait de ce pétrin. Malheureusement, c'était compter sur la fidélité de M. Brodie, qui s'était déjà enfui à Amsterdam. Il s'y est terré pendant un certain temps, mais comme il se sentait seul, il a commencé à entretenir une correspondance avec une de ses maîtresses, qu'il tentait de convaincre de venir le rejoindre. Malheureusement, comme il avait indiqué une adresse de retour sur la missive, la police d'Edinburgh s'est mis à ses trousses. Il a été capturé moins de deux minutes avant d'embarquer sur un bateau en partance pour l'Amérique. Il a été ramené en Écosse et pendu sur la place publique, à l'aide d'une potence qu'il avait lui-même conçu et construite.

Comme quoi il y a parfois une justice en ce bas monde.

Nous avons terminé la visite avec l'histoire fascinante de la Stone of Destiny. À ce sujet, je vous invite à voir le film suivant, qui relate toute l'histoire: Absolument délectable. Mais de l'entendre de la bouche d'un fier Écossais, ça vaut vraiment, mais vraiment le détour.

J'ai passé sous silence de nombreuses autres histoires, car je ne peux pas toutes les écrire. Edinburgh est une ville fantastique. Vous l'ais-je déjà dit?

Nous avons terminé la journée en mangeant dans un petit resto italien, bien sages. Demain, nous partons à la découverte des Highlands. Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, mais j'ai hâte de rencontrer nos futurs copains de voyage ainsi que notre guide.