lundi 3 mai 2010

Complainte de la ménagère précieuse

J'aime dire que je suis ouverte à toutes sortes d'expériences gustatives. Je mange du foie, du boudin, des escargots, et ce, avec plaisir. Cependant, il y a une chose qui me retourne l'estomac de l'intérieur vers l'extérieur et c'est le pâté chinois.

Je ne comprend pas cet attachement pour ce plat qui, historiquement parlant, est le symbole de l'asservissement d'un peuple par des riches canadiens anglais voulant relier l'océan Atlantique et Pacifique par un chemin de fer. Vous pensez que je suis injuste? Que la voie ferrée a permis le commerce, l'immigration, le développement? Vous avez peut-être raison, mais moi, l'idée d'aller dans l'Ouest en train évoque 7 jours de voyagement sans cesse, des plaintes étendues sur des milliards de kilomètres, pour arriver aux spectaculaires Rocheuses. Tout ça pour voir de grosses montagnes? Je peux très bien y aller en avion, merci beaucoup.

Et en plus d'être immonde au goût, le pâté chinois, ça prend du temps à faire. Premièrement, il faut cuire de la viande. Ça empeste la maison pour des jours. Faire cuire des patates, ça humidifie la maison pour des jours, sans mentionner qu'il faut les éplucher, les laver, les couper, les faire bouillir... et ça renverse toujours un peu sur le rond, ça colle, ça fait un cerne dans la casserole, cerne qui est aussi tenace qu'un cerne de saleté autour du bain.

Que dire des légumes... Moi, le blé d'inde, je le préfère salé et beurré, mais surtout éclaté. Et puis, si le plat n'est pas accompagné d'une salade, c'est loin de respecter les portions recommandées de fruits et légumes! À part de cela, qui mange de la salade en accompagnement de son pâté chinois?

Je reviens aux patates, parce qu'il faut les piler aussi. Pas question de laisser des mottons, non! Sinon, on risquerais de rester pris avec les restes de ce plat, probablement issu directement de l'enfer, pendant près de deux semaines.

Vous en voulez d'autres, ds raisons de haïr le pâté chinois? Voilà: ca produit une tonne de vaiselle, c'est ultra long à faire, ça se gobe en un quart de seconde pour ensuite former un bouchon juste à l'entrée de l'estomac, ce qui fait que toutes les bettes vinaigrées que tu manges après t'irrites le tuyau.

J'ai essayé d'aimer ça, je le jure! En fait, je pense que c'est depuis que j'en fais que je ne suis plus capable d'en manger. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé. J'ai essayé de remplacer la viande par du tofu, de gratiner le tout, de l'accompagner de mayonnaise (des vers de terre crus seraient mangeables avec de la mayo), rien à faire. Seule une tonne de ketchup me permet de gober le tout sans trop penser au goût immonde de ce plat.

Pourquoi diable fais-je encore ce plat si c'est une expérience si éprouvante? Le Revel adore ça.

Si c'est pas ça l'amour, je me demande bien ce que c'est.

2 commentaires:

  1. Wow! C'est effectivement une belle preuve d'amour...
    Savais-tu qu'il y a un site Internet entièrement consacré au pâté chinois? C'est que son origine n'est pas aussi certaine qu'on le croit... il y aurait plus d'une version de l'histoire de la création de ce mets tout à fait succulent (faudrait que je te fasse mon pâté chinois qui, lui, contient assez de légumes selon le guide alimentaire canadien!).
    En tous cas, si le coeur t'en dit, voici le lien: http://patechinois.info/

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  2. Je vous comprends tellement chère dame! Étant enfant, j'étais le cauchemar de ma mère lorsque le mot pâté chinois venait à mes oreilles! Aucun problème avec les brocolis ou les escargots mais ne mentionnez pas le mot Pâté Chinois devant moi : crise d'urticaire assurée!

    Des gens pleins de bonne volonté ont essayé de m'en faire manger : avec une sauce au poivre pour le boeuf, avec des chips dans les patates pilées.. des petites carottes et du navet dans les grains de maïs.. noyé sous 2 litres de ketchup .. JAMAIS! vade retro satanas!

    Je pensais bien être la seule au Québec à ne pas aimer le pâté chinois. Ça me rassure de voir que ce n'est pas le cas!

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