J'ai tout plein de choses à dire.
Premièrement, je suis allée au magasin (lire centre d'achat, mais le terme magasin, dans mon esprit, évoque autant un dépanneur qu'un shopping mall de 12 étages. C'est une vieille habitude dont je ne me départit pas, puisqu'elle est ancrée au plus profond de mon être et que, bon, si on peut sortir la fille du bois, on ne peut pas sortir le bois de la fille.) pour m'acheter un film que je désirais depuis un bout de temps.
J'y suis allée avec mon Revel à l'Orange (aka Tendre Moitié), qui riait de moi et de mon choix bizarre pour ce film. Au fur et à mesure de ma progression dans l'antre de la dépense inutile, il m'écoeurait de plus en plus, si bien que j'ai eu la honte. Je lui ai demandé de payer pour mon film, tandis que je l'attendais sagement à l'extérieur (pour deux raisons: la honte et le fait que les objets que j'achète ne sont jamais démagnétisés et que je sonne inévitablement en passant entre les bornes. Malheureusement, j'étais cassée et je devais payer avec ma carte de crédit (aka Rectangle de plastique inventé par Satan).
J'ai donc dû payer moi-même pour mon achat (je serais moins gênée de m'acheter un dildo en forme de fusée trois couleurs, c'est vous dire) et c'est à ce moment qu'il a dit très fort à la caissière qu'il espérait que ma carte passe afin que je possède enfin l'objet de mon obsession. La sympathique jeune fille a piqué un fard en m'avouant qu'elle adorait ce film. Elle avait au moins 20 ans, et ça m'a libéré de ma honte. Jusqu'à ce que le Revel se promène dans le centre d'achat, le film entre les mains, en criant le titre à qui voulait bien l'entendre. Super, ma belle coleur peau est désormais rouge.
En tout cas, j'ai maintenant mon film et je suis contente. Je m'assume presque.
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Hier, je suis allée à St-Élie de Caxton avec Patronne et sa smala. Quel beau projet: leur Troisième fille devait jouer dans une fanfare accompagnant la parade du village. Je suis donc partie avec son chum et Quatrième fille. Le voyage s'est bien déroulé. Quoi de mieux que de voyager avec du Richard Desjardins à tue-tête? Voyager avec Richard Desjardins, mais bon... à chacun ses fantasmes!
Nous sommes arrivés au village à12h, avons marché vers l'église où se déroulait les festivités. J'oubliais de le mentionner! C'était la Petite fête de St-Élie de Caxton, présidée et animée par nul autre que Fred Pellerin. J'avais apporté mes livres (Il faut prendre le taureau par les contes et Comme une odeur de muscles, écrit par le susmentionné, excellent, en passant, de manière à les prêter à la smala). Super patonne m'a forcée à les apporter dans mon sac, afin que, et je la cite: «Les faire autographier et leur faire prendre de la valeur, si tu veux les vendre du E-Bay plus tard.» OK, lui répondis-je, mais je ne courrai pas après Fred pour avoir un autographe. Je suis une groupie gênée, j'observe seulement.
J'ai vu Fred, mais comme Patronne ne savait pas de quoi il avait l'air, je me suis bien gardée de lui mentionner qu'il se trouvait à côté d'elle. (Il est aussi sympathique qu'il en a l'air!)Plus tard, après la fanfare, elle a couru après lui pour quémander ces foutues autographes. Fine, me dis-je, si elle le fait à ma place, je ne serai pas obligée de le faire des sourires nerveux en marmonnant: «J'aime beaucoup ce que vous faites...» C'était sous-estimer Patronne, qui s'était mis en tête de me prendre en photo avec l'écrivain-conteur. Super. Malgré ma résistance, mes refus, je me suis fait prendre en photo avec lui. Pas si pire, me direz-vous... Mais, non, je ne fais pas les choses en moitié. En passant mon bras derrière son dos, je lui ai mis la main au cul. C'était un geste non prémédité.
Eh, oui. En plus d'être une groupie finie, je touche les fesses d'autrui. Des fesses célèbres en plus. Dieu merci, une photo c'est pas trop long à prendre et j'ai marmonné un «Merci» avant de me sauver. Quatrième fille m'a demandé si j'allais me laver la main un jour (elle a 13 ans). Pas le choix, il n'y a seulement que des toilettes chimiques ici, dont le niveau s'élevait dangereusement, de minute en minute (note à tous les organisateurs d'événements: lorsqu'on planifie une épluchette de blé d'inde, toujours commander une ou deux toilettes chimiques de plus. Le blé d'inde, ça passe vite dans le corps). Stérigel, nous voici!
Après autant d'émotions, nous sommes allés au guichet, question de sortir de l'argent pour acheter une couple de gogosses. L'affiche que j'ai vue à la caisse m'a sidérée. Le show prévu dans la soirée était le suivant: Richard Desjardins et sa guétard. Richard Desjardins, mon idole? Le plus meilleur poète du monde entier (à mes yeux du moins)? Eh oui!
Je caaaapote, tout en allant faire la file pour manger un hot dog (btw, ça aussi ça passe vite dans les conduits humains), je l'ai vu pour de vrai. Le vrai Richard Desjardins, en chair et en os! Shit, la file avance plus vite que je ne le voudrais. L'appel du roteux étant plus fort que mon désir de tâter du popotin connu, je le quittai des yeux. Pas assez vite, car Patronne avait remarqué mon manège. «C'est-tu Richard Desjardins? Viens, je vais te prendre en photo avec, tu pourras faire signer, euh, ton buste.» Je lui ai rappelé que Fred Pellerin était parti avec mon stylo et que, de toute manière, je n'aurais pas vraiment pu justifier au Revel à l'Orange, la présence des pattes de mouches sur mes seins. Et de toute manière, j'avais trop faim, je pouvais perdre connaissance à tout moment. En plus que j'avais pris un coup de soleil dans la face durant l'après-midi (c'était vrai), je n'étais pas vraiment présentable. Autant de raison, débitées à la vitesse de l'éclair, ont eu l'air de la convaincre de me pas mettre son projet en branle. Elle devait avoir faim aussi, elle ne lâche pas la partie aussi rapidement d'habitude...
Ensuite, on mange, on marche, on s'assied dans l'herbe, on placote de tout et de rien. J'ai vraiment passé une super belle journée. Le village est très joli. Aussi beau qu'un petit village québécois perdu dans les bois peut l'être. Sans farce, si vous passez dans le coin, ça vaut le coup d'oeil. Finalement, 19h30 arrive, l'heure du spectacle, sur le perron de l'église.
Moi qui est si prévoyante, j'apporte toujours des vêtements de rechange. Pas cette fois. L'été est manifestement terminé, car aussitôt le soleil couché, il fait très frette. Je suis en jupe et en babouche. Ais-je mentionné que nous étions dans le bois? Je suis la seule qui a un bout de peau qui dépasse. Les autres sont en jeans, veste et foulard. Les moustiques et autres vampires à 6 pattes se jettent sur moi comme un club d'outremangeurs anonymes en crise sur un buffet chinois. Yé. J'ai maintenant une grosse boursoufle qui s'étend de l'aine aux genoux, front and back. Même si le Revel n'était pas dans ma vie, je n'aurais pas pu me jeter sur Richard comme toute bonne groupie, car
1. j'étais tellement gelée que mes genoux ne pliaient plus
2. mon sang était ailleurs que dans les membres inférieurs (où, je n'en sais fichtrement rien, probablement dans les abdomens des insectes piqueurs, qui, rassasiés, sont allés cuver mon hémoglobine dans un buisson voisin.)
3. mes piqures enflaient de manière dramatique (j'ai déjà de grosses cuisses, mais là, j'aurais pu poser ma candidature dans un cirque et j'aurais eu la job de clown, surtout avec ma face rouge, ils auraient sauvé sur le maquillage)
Donc, hors de question de me comporter comme une groupie en feu. Ce qui est une bonne chose, car la honte me rattrape toujours assez rapidement (voir le début du texte. Si vous ne vous souvenez pas de mon aventure au magasin, vous êtes en état d'ébriété ou en baisse de sucre. Faites quelque chose!) Nous sommes donc retournés à la voiture. Troisième fille était là (19 ans). On placote un peu, elle me dit qu'elle se trouve vraiment vieille. Elle me demande mon âge. Je ne peux mentir, mais on quand même du plaisir à discuter, ce qui me rajeunit.
Morales de cette aventure:
1. Patronne est une personne que j'apprécie vraiment beaucoup, et c'est probablement pour ça que j'aime autant mon travail.
2. Je suis une vraie groupie de marde.
3. Je ne suis pas si poche que je le pensais avec les ados.
4. Même si l'été est fini, je dois toujours appliquer de la crème solaire, surtout sur le nez. J'ai l'air d'une fraise.
5. Même si le Revel me gêne d'une manière extrème à certains moments, je l'aime gros comme la Terre.
6. Les toilettes chimiques, c'est dégueulasse.
Avez-vous deviné le titre du film que j'ai acheté?
Lecteurs et lectrices, dévoreurs de livres et amoureux des mots, oreilles mélomanes, voici mes plus récentes découvertes en matière de littérature et de musique. J'y ajouterai aussi, au fur et à mesure, des titres que je juge très intéressants, voire nécessaires à une bonne santé littéraire. Aussi, d'autres découvertes et réflexions sur la vie, le voyage, la bouffe... À consommer sans modération.
J'veux voir la photo!!!!
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