dimanche 25 avril 2010

Trois filles, un resto, un gars et un bar crade

Hier soir, c'était notre soirée de filles. Notre équipe de superhéroïnes habituelle était presque complète. Il y avait SexyMama (elle séduit plus vite que son ombre et réduit ses opposants à un état de servilité presque complet), Journalynx (elle scrute le monde de sa vue acérée et rapporte une nouvelle claire et objective. Elle est le pendant féminin de Clark Kent, en moins chochotte) et moi. La Rouquine était absente, pour cause de voyage dans le Sud. Tenez-vous le pour dit, les filles, tous les signes montrent qu'il ne faut pas annuler ces rencontres au sommet sans une excellente raison. Sans entrer dans les détails, disons seulement qu'elle a amplement été punie pour son absence. (hoo-là, je vous entends, vous aimeriez savoir ce qui s'est passé? Ce n'est pas mon histoire!) Maintenant, si vous le voulez bien, continuons!

Nous avons déclaré la séance ouverte à 17h15, quand Journalynx est arrivée. Je nous ai préparé un gin-tonic (la boisson des guerrières) et on a placoté en attendant SexyMama. Je pense que c'est ça, l'amitié: avoir encore quelque chose à se dire même si on s'est parlé la veille, via courriel, Facebook, textos, etc.

SexyMama est arrivée, je lui verse une Boris. Quelques gorgées plus tard, elle nous rattrape. On alterne entre la cuisine et le balcon en attendant que 18h sonne. Littéralement. On a une horloge qui sonne les heures dans le salon, la grande fierté du Revel, qui s'extasie encore de la précision de l'objet. Ne vous méprenez pas, je ne dénigre pas la chose, je me considère seulement chanceuse qu'elle ne sonne qu'à l'heure et à la demi-heure.

18h sonne, disais-je. L'heure d'appeler la Rouquine dans son hôtel du lointain Mexique, du chaud et humide Mexique, apparemment. C'est qu'elle a hâte de revenir en sol québécois, la belle, car disons que le poulet pas frais et les histoires de fin du monde ne se digèrent pas super bien. On a donc placoté avec elle sur le haut-parleur du téléphone. De tout ou rien, comme si elle était là. On se réserve le vendredi suivant afin qu'elle nous raconte ses aventures abracadabrantes.

Notre réservation est à 19h30... Dans toute sa grandeur d'âme, le beau Revel nous a galamment offert de venir nous reconduire au restaurant. Je n'ai même pas eu à le lui demander! Ça, c'est du service, croyez-moi! (le Revel aime bien que je parle de lui ici. Je le soupçonne de provoquer des événements dans l'espoir de devenir l'acteur principal des aventures du Caribou.)

Avant toute chose, laissez-moi vous parler du concept de l'Aviatic Club: tous les plats sont de taille se situant entre l'entrée et le plat principal, s'apparentant à de gros tapas. Et en plus, tous les plats sont élaborés de manière à pouvoir les partager entre les convives. Génial non? Pour les gourmands qui hésitent toujours entre 4 plats principaux, c'est le paradis.

Je ne possède pas de connaissances spécifiques sur le design d'intérieur, mais le décor était absolument superbe. Sans être moderne, ce n'était pas rustique, sans être asiatique, ce n'était pas dépouillé-japonais. C'était quoi alors? J'ai eu un flash en entrant dans le resto. Indochine. Pas le groupe, le film de 1992 avec Catherine Deneuve et Vincent Perez. À cheval entre l'Inde, la Chine, avec une touche résolument moderne. Je ne peux pas m'exprimer plus précisément. En tout cas, c'était ben beau!

Journalynx nous commande une bouteille de blanc, un Hogue riesling absolument délectable. Là non plus, je ne commettrai pas en description du vin, parce que j'en suis incapable. Je peux cependant vous dire que ce vin vient de la Vallée de Columbia, dans l'état de Washington. Un nom à conserver.

La carte se divise en 5 sections : les crus, les nageoires, les ailes, les pattes et les fromages. C'est déjà alléchant. Allez jeter un coup d'oeil à leur site internet si vous ne vous en pouvez déjà plus... Nous la consultons et nous commandons. Voici ce que le premier service nous réservait : un tartare de saumon et un tartare de thon aux épices tandoori, qui étaient très bien. Ça commençait bien! On a enfourné les tartares avec les petits craquelins qui venaient avec, mais moi, je les préfère tout nus, sans pain, pour bien sentir les dés de poisson sur la langue.

Ensuite, nous avons accueilli avec joie les Dim sum, sauce aux arachides, un peu secs, selon Journalynx et SexyMama. La sauce était absolument savoureuse. Je plains vraiment les gens qui sont allergiques aux arachides, parce que c'est siiii bon!! Je ne peux pas vivre sans beurre de pinottes. J'ai essayé le beurre d'amande sur mes toasts, mais ce n'est pas pareil. Avec les dim sums venait les aiguillettes de canard mulard. Je connaissais le canard malard, mais mulard? Une petite recherche s'impose: le canard mulard aussi connu sous le nom de « canard gras » est un hybride stérile issu du croisement de deux espèces de canard domestique. Il est utilisé principalement pour la fabrication de foie gras dans le Sud-Ouest de la France. EWWWW! Mais il était très bon, ce canard. Sa chair, rouge et ferme, s'apparentait presque à une viande de bois. La petite sauce à l'érable et au whisky l'accompagnait à merveille. Ce fut le plat préféré de Sexy Mama.

Hon... on a plus de vin. On en commande une autre bouteille, parce que c'est nécessaire. Quand des superhéroïnes sont en réunion, il faut absolument éviter de provoquer leur courroux.

Vous pensez que c'est terminé? Mais non! Il reste encore 2 services! Notre sympathique serveuse, Alex, nous a ensuite apporté Ze plat, mon préféré: les noisettes de cerf rôties, sauce à la mélasse et bourbon, duxelles de champignons sauvages, tombée d'épinard et polenta frite. Bon, je viens de baver sur mon clavier ! (pas grave, il appartient au Revel). C'était absolument divin! J'ai joyeusement renoué avec la polenta, parfaite et croustillante. Avec le cerf, je m'en voudrais de passer sous silence la salade de chèvre chaud, composé de deux boules de fromage frites, déposées sur un lit de verdure saupoudré de pacanes grillées sucrées. Di-vin.

On fait une pause, parce qu'il faut marcher un peu pour faire passer tout ça. Ça tombe bien, c'est beau, la Gare du Palais (par le terminus d'autobus, mais le terminus de train). On est vite rattrapée par la pensée du dernier plat: la déclinaison de cheddar Perron. On nous apporte un plateau sur lequel sont déposés trois éléments: un shooter rempli d'une mousse de cheddar sur lequel on a élégamment disposé des copeaux de fromage, un morceau de cheddar vieilli brûlé et un genre de petit pain soufflé au... cheddar. Pas mon préféré, mais quand même, la mousse de fromage, ça vaut la peine d'y goûter.

Après un tel festin, un allongé est le bienvenu. Journalynx se laisse tenter avec un gâteau fromage à la vanille accompagné de coulis de fraises. Elle m'en donne un morceau, que je déguste avec joie, mais avec la sensation que c'est le morceau de trop. Celui qui, comme la dernière lichette de tire sur la neige, te fait sentir un ti-peu mal dans ta peau. Cette sensation ne dure toutefois qu'un instant. On marche jusque chez moi, question de faire descendre le souper et de se friser le cheveu de manière tout à fait naturelle.

Sexy Mama lève la séance, mes superhéroïnes retournent à leur vie. En chemin, je reçois un coup de fil d'un ami. Je suis loin de m'endormir, alors pourquoi ne pas aller à l'Enjeu, l'endroit de tous les partys, au plafond extravagant, là où Journalynx ne peut pas boire au verre sans faire de feu sauvage? Une ben belle place! Allons-y.

J'ai eu de la difficulté à cacher ma déception quand j'ai vu que le super plafond n'était plus là, remplacé par un plafond régulier. Il y a eu des rénos, aussi, ça a presque l'air propre. Il y a un tournoi de dard qui bat son plein. On s'installe au bar, on commande une grosse 50. Franchement, c'est la belle vie. On placote, le temps passe, le last-call arrive. Il y a 4 ans, on en aurait commandé une couple de spare, mais comme j'apprécie (je inclus aussi mon ami, je crois) passer mes dimanches à faire autre chose que d'avoir la tête dans le cul, je refuse l'offre. Au moment d'écrire ces lignes, je peux vous certifier que ce refus était une excellente idée!t;" >- The Tallest Man on Earth, Shallow Grave

1 commentaire:

  1. Salut mon cariboo adoré. J'ai salivé juste à lire ton compte rendu de notre divin repas. Continue de nous divertir, tu le fais très bien. Je t'aime xxx SM

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