
C'est avec une immense tristesse que j'ai appris ce matin le décès de Mano Solo (Emmanuel Cabut). Artiste incomparable, dans la lignée des grands de ce monde tels que Renaud et Gainsbourg, sa mort ne surprend pas. Il vivait avec le sida depuis 25 ans.
Sa musique et ses textes m'ont permis d'ouvrir mon esprit à une toute nouvelle dimension. Celle de la poésie écorchée, entre autres choses. Je l'appelle de cette manière, car j'ai toujours eu un peu de difficulté à supporter des textes poétiques où la souffrance et le désespoir sont les inspirations première. Contrairement à l'auto appitoiement narcissique que j'ai lu chez certaines personnes, Mano Solo propose des textes lumineux, malgré le propos sombre. Quand je me sens dans les trente-sixièmes dessous, je les relis; je me rend compte de la chance que j'ai de vivre ici, en ce moment, avec les gens qui m'entourent, et ce, sans sentir l'agacement propoqué lorsqu'il m'arrive d'ouir des litanies insipides staracadémiciennes ou rockdétentienne. (Ok, vous voulez un exemple? Quand Éric Lapointe souffre dans ses chansons, ça me donne pas envie de trouver ça touchant, ça me donne envie de lui lancer des fléchettes dans les yeux et/ou les organes vitaux.)
Pourquoi j'aime Manon Solo? Ce point de vue est très personnel, mais j'ai découvert cet artiste engagé en compagnie d'une amie avec qui j'ai beaucoup appris et ai vécu de très belles soirées de placotage intense, de fumage de cigarettes et de buvage de bière pas chère. Voilà pourquoi.
Je vous recommence chaudement l'album La marmaille nue, son premier disque solo. Paru en 1993, il est encore d'actualité en 2010. Comme quoi, plus ça change, plus c'est pareil.
Vous, quel beau souvenir vous avez avec un artiste?
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